NOUVELLES DU FRONT DE LA PUBLIVIGILANCE , LLG n°58, juin 2008
ACTION n° 97 : INFORMATION
DES PATIENTS : quand les firmes tentent de s’en emparer… (11.2006) : déclaration
commune d’organisations européennes transmise par le GRAS au ministre fédéral
de la santé (SUITE : les
dangers des « programmes d'aide à l'observance »)
ACTION
n° 111: DANGER DE CERTAINS ASPECTS DES PLANS DE GESTION DES RISQUES DE L’EMEA
(5.2008) : des plans de gestion
des risques sont imposés aux firmes pharmaceutiques par l'EMEA (Agence
Européenne du Médicament) ces dernières années en contrepartie de l’acceptation
(par l’EMEA) d’une accélération de l’enregistrement de nouveaux médicaments et
donc de leur mise sur le marché. Ces plans peuvent également comporter du
matériel éducatif pour les patients. Plutôt que de donner aux firmes encore
plus de latitude dans leur communication avec les patients et les consommateurs
en général, mieux vaut veiller à ce que ces firmes divulguent toutes les
données pertinentes sur leurs médicaments.
Dans le cadre de la législation pharmaceutique révisée, toutes les nouvelles demandes d’autorisation de mise sur le marché et de modification majeure des autorisations existantes doivent être accompagnées d’un plan de gestion des risques (règlement (CE) n° 726/20041 entré en vigueur le 20 novembre 2005). Ces plans définissent tous les risques connus ou potentiels associés au médicament concerné. Ces plans permettent l’application proactive de mesures de minimisation des risques et d’autres activités de pharmacovigilance.
Des exemples récents,
tirés de
MACUGEN : Le
Macugen® est un médicament sur prescription pour la dégénérescence maculaire
(maladie de la rétine). « Début 2008, nous (Test Santé) découvrons un site
www.macugen.be, accessible au grand public. Sur ce site, figurent la notice,
mais aussi des brochures d’aspect publicitaire avec notamment le slogan
"Protégez votre vue avec Macugen®". Nous notifions cette publicité interdite
à l’Agence des Médicaments. Qui nous apprend que ces documents... ont été
approuvés par l’Agence ! Explications: le Macugen® fait l’objet d’un
"programme de gestion des risques". Depuis peu, les autorités peuvent
demander aux firmes un tel plan pour identifier, prévenir ou minimiser les
risques liés à un médicament. Selon les cas, ces plans peuvent aussi comporter
du matériel éducatif pour les patients. Suite à notre plainte, l’agence a
contacté
Le nom d'un site internet
est un vecteur de promotion qui devrait répondre aux règles de la publicité
pharmaceutique.
INFORMER…
VRAIMENT ?
Différents « programmes
d'aide à l'observance » sont développés actuellement par les firmes
pharmaceutiques dans les domaines de l’arrêt du tabac, de la prévention de
l’ostéoporose post ménopausique, du traitement du diabète de type 2, …Leurs
informations ne sont ni complètes (oubli des effets secondaires p.ex.), ni actualisées,
ni objectives. On peut s’étonner de voir des acteurs comme les mutuelles
participer à ces campagnes ! Ainsi en mai 2008, les médecins généralistes
belges ont reçu par la poste une boîte Sweetbee® contenant des formulaires de remboursement
pour le Januvia® (médicament récent, très cher et d’utilisation très limitée)
de MSD et des bons à remettre aux patients pour recevoir dans les permanences
de
l’utilisation de ce type de produit en prévention
cardiovasculaire sont manquantes (Action du GRAS n°95).
Les « plans de
gestion des risques » développés pour le Macugen® et d’autres médicaments
sur prescription suscitent bien des questions. On voit mal comment les firmes,
avec leurs conflits d’intérêts, vont pouvoir aider de manière crédible et
optimale les patients à réagir devant des effets indésirables. L'expérience des
ces dernières années montre que les firmes auraient plutôt tendance à
minimiser, voire à dissimuler les effets indésirables de leurs médicaments. Un
exemple parmi d'autres : le Zyprexa®, utilisé notamment dans la schizophrénie
et les trouble bipolaires. Des documents internes à
Par ailleurs, l'association
britannique Consumers international, qui regroupe 220 ONG dans
115 pays, s'est alarmée, vendredi 8
février, de la récente proposition de la Commission européenne d'autoriser la
publicité directe des médicaments vendus sur ordonnance auprès des
consommateurs européens. Les laboratoires pourraient bientôt faire, sur le
schéma existant aux Etats-Unis, la promotion de leurs produits à la télévision
et à
Voir aussi « Un projet européen
de publicité contesté » Article paru dans l'édition du 12.02.08 http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1023993,0.html
ACTION n° 99 :
PREVENONS LES ERREURS dans l’utilisation des médicaments (7.01.07): Pour
une formation continue fondée sur une pédagogie par l’erreur et un
recueil épidémiologique permettant d’appréhender le nombre d’accidents et leurs
caractéristiques, afin d’en réduire le risque de récurrence (SUITE)
EN FRANCE: Le Guichet Erreurs
Médicamenteuses de l’Afssaps : bilan de 30 mois de phase pilote Communiqué de
presse de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps) 20 mai 2008
L’Afssaps a mis en place un Guichet
Erreurs Médicamenteuses afin de recueillir les signalements d’erreur ou de
risque d’erreur liés à la présentation ou à la dénomination des médicaments et
de coordonner la gestion des signalements susceptibles de présenter un risque
pour la santé publique. L’Afssaps présente aujourd’hui le bilan des 30 premiers
mois de fonctionnement.
En 2002, l’Afssaps a mis en place un groupe de
réflexion sur l’erreur médicamenteuse afin de partager les expériences et
points de vue des pharmaciens hospitaliers, des Centres régionaux de
pharmacovigilance (CRPV) et de la Direction de l’Hospitalisation et de
l’Organisation des Soins (DHOS). Cette concertation avait pour objectif
d’élaborer une procédure de prise en charge des erreurs médicamenteuses liée à
la présentation des médicaments.
Dans ce contexte, l’Agence a défini
un circuit de l’erreur médicamenteuse inhérente à la présentation ou à la
dénomination du médicament et a créé en juin 2005, le Guichet Erreurs
Médicamenteuses au sein du Département de la surveillance du risque, du bon
usage et de l’information sur les médicaments.
Le champ d’intervention de ce
guichet porte sur les défauts de dénomination (confusion entre noms commerciaux
de médicaments…), de présentation d’étiquetage, d’information (conditionnement
primaire ou extérieur, notice, mise à disposition du RCP…), de conception du
conditionnement (conditionnement inadapté, confusion entre formes), etc.
De sa mise en place au 31 décembre
2007, le Guichet a enregistré 634 signalements d’erreur ou de risque d’erreur
médicamenteuse, la majorité concernant des confusions entre des spécialités
conditionnées sous forme d’ampoules de solution injectable, des défauts
d’information ou de conditionnement, et des similitudes de noms.
Dans leur majorité, ces signalements
ont été traités dans le cadre d’une réflexion globale (harmonisation des
étiquetages, conditionnement unitaire, charte graphique), ou ont nécessité une
action spécifique (modification de l’AMM, retrait de lot ou communication). Les
autres signalements relevaient plus spécifiquement d’un traitement local au
niveau de l’établissement de santé, ou d’une structure nationale extérieure.
A sa mise en place, le Guichet
recevait des signalements exclusivement dans le cadre d’une phase pilote
impliquant 12 équipes de binômes Centre régional de pharmacovigilance/Pharmacie
hospitalière. Il a ensuite été rapidement identifié comme un lieu unique
d’enregistrement et de centralisation des signalements d’erreurs
médicamenteuses inhérentes aux médicaments par d’autres professionnels de santé
tels que des infirmiers, des pharmaciens d’officine, mais aussi par des
laboratoires pharmaceutiques.
Après 30 mois d’activité, le bilan
des signalements et des mesures correctrices souligne l’implication et la
sensibilisation des professionnels de santé dans la prévention des erreurs
médicamenteuses, et bien au-delà de la iatrogénie médicamenteuse, ainsi que
l’importance de signaler les erreurs afin de les prévenir.
Une rubrique dédiée aux Erreurs
Médicamenteuses va prochainement être mise à disposition sur le site Internet
de l’Afssaps afin de permettre, notamment, aux professionnels de santé de
signaler les erreurs ou les risques d’erreur dont ils ont connaissance et
d’être informés des mesures correctrices mises en place par l’Agence.
Et en Belgique, où en est-on ??? Nous n’avons pas eu écho de ce
genre de démarche hormis au Centre Antipoisons qui a réalisé une intéressante synthèse sur les erreurs
médicamenteuses à partir de son expérience des 10 dernières années. Utile pour
animer un GLEM p.ex. http://www.poisoncentre.be/fr/doctors/medicationerrors.php?#2
ACTION n° 100
(1.04.2007) : Attention aux nouveaux I.E.C. (Inhibiteurs de l’Esprit Critique) :
effets péjoratifs à long terme.
SUITE : L'INFLUENCE INVISIBLE :
ou comment l'influence commerciale
des firmes pharmaceutiques s'exerce dans les formations des médecins, à l'insu
de la plupart d'entre eux, avec la complicité de certains.
Nous vous conseillons de commencer la lecture ce
dossier du FORMINDEP par l'éditorial qui se trouve à cette adresse http://www.formindep.org ou http://formindep.org/spip.php?article160
Dans ce dossier : - 3 articles
traduits de publications anglo-saxonnes qui mettent en évidence ces influences
et la façon dont certains les combattent.
- 3 exemples français de formations sous influences commerciales,
particulièrement significatifs de la gravité de la situation de la formation
médicale en France et de l'urgence d'y faire face.
ACTION N° 111 :
SWEETBEE® (5/2008): partenariat dangereux entre mutuelle (Socialiste) et
industrie (pharmaceutique et agroalimentaire).
En mai 2008, les médecins
généralistes belges ont reçu par la poste une boîte Sweetbee® contenant des
« formulaires de remboursement » pour le Januvia® de MSD : il
s’agit de formulaires de demande de remboursement de cette spécialité récemment
mise sur le marché. Ce médicament est un antidiabétique oral beaucoup plus
onéreux que les autres et d’efficacité moindre. Pour obtenir le remboursement
de ce traitement, le patient doit avoir effectué un premier essai de traitement
avec un échantillon gratuit du médicament remis à son médecin traitant s’il en
fait la demande expresse auprès de
Il n’est pas éthiquement
acceptable qu’une mutuelle s’associe à une campagne d’information promotionnant
ainsi auprès des patients diabétiques des produits de l’industrie alimentaire
et médicopharmaceutique.
ACTION 109 :
JANUVIA : ECHANTILLON
OBLIGATOIRE. La ministre de
Pour pouvoir introduire une demande de
remboursement auprès du médecin conseil,
le médecin prescripteur doit apposer la vignette figurant sur la boîte
d’essai obtenue gracieusement auprès de la firme ou de son délégué. Ce système,
imaginé par le cabinet, permet de réduire le coût du traitement, MSD refusant
de réduire le prix de la petite boîte. Ce système limité jusqu’à présent au
remboursement de certains collyres antiglaucomateux et de quelques médicaments
très spécialisés (Rebif®,Elaprase®, Lysoderm ®), court-circuite le pharmacien et pose des questions de
responsabilité.




ACTION 110 :
CERVARIX ® (GSK – 4.2008) : élargissement indu des indications
Campagne d’information” de GSK tendant à élargir le
groupe-cible, en incitant de manière subtile toutes les femmes, quel que soit leur âge, à demander la
vaccination (“vous ou votre
fille pouvez vous faire vacciner ”, dit l’annonce)
On a vu récemment, à l'initiative de
Or, la prétendue campagne
d'information sur la vaccination (qui ne citait aucun nom de marque) tendait à
élargir les indications à l'ensemble des femmes, quel que soit leur âge, et à
les inciter toutes à réclamer la vaccination au médecin ("Vous ou votre
fille pouvez vous faire vacciner", affirme une annonce) (2). Ce n'est pas
un hasard si cette campagne a été développée par GSK. Le concurrent Gardasil®
est remboursé pour les filles de 12 à 15 ans depuis plusieurs mois alors que le
Cervarix® ne l’est que depuis le 1er mai 2008. Pour les filles
jeunes, le Cervarix® a donc un retard et un marché à rattraper par rapport au
Gardasil®, actif sur davantage de sous-types HPV (les 2 concernant le plus
fréquemment le cancer du col utérin (comme dans le Cervarix®) et 2 concernant
les condylomes acuminés). En revanche, si l'on parvient à convaincre les femmes
adultes de se faire également vacciner, le Gardasil® et le Cervarix® se
retrouvent là à égalité. Précisons que GSK a parallèlement distribué 20 000
échantillons de Cervarix® aux médecins, pour qu'ils puissent offrir
gratuitement une des trois injections nécessaires à leurs patientes. Cette
campagne, visant finalement à augmenter les ventes d'un vaccin particulier –
produit en Belgique - est passée comme une lettre à la poste, sans que les autorités
de contrôle n’y trouvent rien à redire. Quant à savoir si la santé publique y
aura trouvé son compte...
(1) PUBLICATION DU
CONSEIL SUPERIEUR DE
02 mai 2007 (révision du 5 décembre 2007)
(2) Vaccination HPV : info ou pub ? Test
Santé n°85 de juin-juillet 2008, p.8