Acte 1 : « Le vilain petit
K(ce)anard » … : juin 2007, communiqué de presse du KCE :
Acte 2 : « Ad maiorem Almae Matris
gloriam » !: juillet 2007, communiqué de presse des Cliniques
universitaires Saint-Luc (http://www.saintluc.be/press/commu/2007/2007-prostate.pdf)
qui prônait jusqu’il y a peu le « dépistage du cancer de la prostate »
par dosage du PSA alors que des études validées remettaient cette pratique
en question depuis pas mal de temps:
« Jusqu’à maintenant, le dépistage
du cancer de la prostate était réalisé sur la base d’un test sanguin (dosage du
PSA) et d’un toucher rectal. Ce test PSA a été récemment très critiqué par le
Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) en raison de son manque de
spécificité. (http://www.kce.fgov.be/index_fr.aspx?ID=0&SGREF=3461&CREF=6711)
Son utilisation systématique du test chez
des patients non informés entraîne en effet le recours à un grand nombre de
biopsies de la prostate. Si ces biopsies permettent de détecter précocement des
cancers agressifs, elles mettent aussi en évidence beaucoup de cancers de
prostate qui ne menacent pas la santé des patients ; elles génèrent ainsi
beaucoup de stress et exposent les patients à des traitements inutiles.
Le nouveau test génétique « Progensa™
PCA3 » proposé par les Cliniques universitaires Saint-Luc devrait aider les
urologues à détecter les patients chez qui les biopsies ne sont pas réellement
nécessaires….Le nouveau test génétique « Progensa™ PCA3 » permet de rechercher,
dans les urines du patient, l’expression d’un gène (le gène PCA3) spécifique
des cellules cancéreuses prostatiques. Ce test permet donc de réduire le nombre
de biopsies actuellement nécessaires au diagnostic et de les remplacer par
l’analyse d’un simple échantillon d’urine.
Efficacité prouvée
Les premiers résultats
belges du nouveau test Progensa™ PCA3 ont été présentés le 2 juin 2007 lors de
la réunion annuelle de la Société Belge d’Urologie. Ils suggèrent que le
recours à des biopsies de la prostate pourrait ainsi être évité chez 30 à 40% des
patients, sans pour autant passer à côté des cancers agressifs. »
Intermezzo : août 2007, un membre du GRAS interroge un des
signataires du communiqué de presse des cliniques universitaires Saint-Luc sur
la valeur du nouveau test :
« Quelle est la spécificité et la
sensibilité du test ? Merci de m’envoyer des références d’études validées.
Je crains les feux de paille que sont parfois les déclarations
fracassantes. »
Acte 3 : Voici sa réponse, reçue quelques heures
plus tard:
« Merci pour votre message. Je comprends
tout à fait votre réserve et je la partage. Il faut faire la distinction
entre effet de mode et réalité scientifique.
Pour ce qui est du PCA3, je vais peut-être vous étonner en disant que je ne
sais pas encore quelle est sa vraie valeur. C'est la raison pour laquelle nous
étudions avec attention les résultats issus d’analyses effectuées ici au
laboratoire avec ce nouveau test. Nous allons soumettre ce travail pour
publication dans les prochains jours. Si ce papier est publié, je vous l'enverrai
car il constitue une bonne revue de travaux antérieurs et de nos travaux
actuels.
Ceci devrait au moins en partie, je l'espère, vous fournir des éléments
objectifs d'appréciation quant à la valeur du test et à ses limites ».
Epilogue provisoire : « Ne croyez que ceux qui
doutent », Henri Deleersnijder, professeur
Michel Jehaes, qui cultive de plus en
plus le doute …
relayé par Maurice Vanbellinghen,
membre de la rédaction de Test-Santé (publication de Test-Achats), qui se dit
clairement choqué par ce qu'il a découvert sur le site des cliniques
universitaires Saint-Luc (www.saintluc.be).
Le premier article sur lequel on tombe en tapant le mot « prostate » proclame
ceci : "Un dépistage annuel est essentiel si l'on veut se donner toutes
les chances de guérir d'un éventuel cancer de la prostate. "
« Cependant, et même si beaucoup d'hommes diagnostiqués avec un cancer
prostatique vont mourir d'autre chose, il faut insister: le meilleur moyen de
ne pas mourir du cancer de la prostate est de pratiquer un dépistage précoce ».
Et monsieur Vanbellinghen de conclure : « Personnellement, cette propagande
folle pour un test de dépistage pour le moins très controversé me choque ».