WALLONIE, TERRE DE RECHERCHE ?

 

Marc BOUNITON, MG, 10.2004 LLG 44

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« La Région wallonne dispose de compétences et d'infrastructures médicales dont les qualités sont reconnues sur le plan international. Il est dès lors important pour notre région, tant sur le plan scientifique que sur le plan économique, de pouvoir valoriser ces compétences. A cet effet, la Région s'est dotée d'un outil destiné à valoriser les compétences de nos scientifiques et à  apporter une visibilité au secteur de la recherche clinique afin d'attirer les études vers les investigateurs wallons, donc un apport de devises représentant un budget appréciable dans le système de soins de santé wallon. En positionnant notre région dans un secteur à haute valeur ajoutée, cette initiative devrait permettre à cette recherche biomédicale appliquée de faire bénéficier à un ensemble de PME des retombées de cette activité »  C’est ainsi que se présente ARESA sur son site Internet ( Association pour la REcherche en matière de Santé).

 

Selon ARESA, la Belgique ( et surtout la Wallonie) serait le premier pays européen en terme de nombre de recherches cliniques par habitant. Alors les wallons… cobayes ? bien ou mal ?

Dans son souci de recruter des médecins généralistes et de créer un réseau de médecins investigateurs, ARESA a organisé des « formations » avec les départements universitaires de médecine générale. Tantôt formateurs, tantôt informateurs médicaux, certains cadres de l’industrie pharmaceutique ont promotionné sans sourciller certains de leur produits au mépris des règles de lecture critique explicitées par les confrères d’ARESA un quart d’heure plus tôt !

Un expert en communication animait un atelier avec jeux de rôles sur le thème « Comment convaincre un patient de participer à une étude clinique ? ». D’après le témoignage des médecins investigateurs présents, ces malades sont intéressés par le fait de faire avancer le traitement de leur maladie et développent une relation privilégiée avec leur médecin L’impression de don de soi, de faire avancer la science prévaudrait et la recherche clinique deviendrait une  recherche avec eux et pour eux, pas tellement sur eux…

Comment concilier la casquette de médecin investigateur et celle de médecin traitant conseiller du patient ? Les médecins investigateurs wallons  seront-ils de gentils petits soldats, au demeurant très bien rémunérés ? Le médecin généraliste tenu par contrat de fournir X patients pour une étude clinique gardera-t-il suffisamment d’impartialité pour conseiller objectivement son patient et obtenir son libre consentement éclairé sans jouer sur la confiance que celui-ci met en lui ? Comment oser affirmer au patient que sa participation sera certainement utile alors qu’on ne peut pas lui garantir que les résultats de l’étude seront disponibles pour la communauté scientifique (biais de publication des études négatives) ?

Autant de questions que des participants à ces rencontres se sont poséees; et vous, qu’en pensez-vous ?