Action n° 98, LLG n° 53, mars 2007: PRESCRIPTION DE PSYCHOTROPES (Neuroleptiques, amphétamines) CHEZ LES ENFANTS
Imposés par
des adultes à des enfants «difficiles » en vue de normaliser un
comportement déviant, ces médicaments ne sont pas si banals : leurs effets
secondaires cardiovasculaires et neurologiques ne sont pas à sous-estimer. Les
répercussions à long terme de l’emploi de ces neuroleptiques chez des enfants ne sont pas suffisamment
connues alors qu’on décrit une surmortalité liée à leur emploi chez les
personnes âgées démentes et que l’on connaît les effets secondaires importants
et souvent irréversibles des neuroleptiques de première génération.
La
consommation croissante de ces produits ces dernières années inquiète certains
spécialistes qui dénoncent la médicalisation à outrance de notre mode
d’éducation.
Plusieurs
enfants « difficiles » reçoivent des neuroleptiques sans qu’une évaluation des troubles de leur
comportement n’ait été réalisée ni une psychothérapie essayée. L’accès à cette
guidance psychologique se révèle limité pour des raisons financières et
socioculturelles. Les intervenants, à bout, font parfois pression sur le
médecin traitant pour obtenir la prescription de calmants puissants. Dans ce
contexte, les familles sont demandeuses de médicaments car elles sont plus
rapidement soulagées et font l’économie d’une difficile remise en question par l’enfant
symptôme. Thérapie symptomatique efficace, ils peuvent améliorer la qualité de
vie de certains enfants « dérangeants » et de leur famille mais
masquer des problèmes psychosociaux importants : incestes ou abus p.ex.
dont le dévoilement peut être retardé par l’utilisation de ces psychotrope
« tranquillisants ».
DEUX OUTILS POUR REFLECHIR :
Médicalisation des troubles de comportement: un
instrument de contrôle social
Des comportements comme la colère ou des actes de
désobéissance ne sont pas rares chez les enfants et les adolescents. Pour
certains experts, ces comportements manifestent des affirmations d’identité ou
résultent de difficultés familiales, sociales ou environnementales. D’autres
considèrent ces « troubles de conduites » comme pathologiques et
annonçant
Mes neurones et moi : Sciences du cerveau et questions de société
À partir de douze histoires, les auteurs (Karin Rondia et
Peter Raeymaekers, journalistes scientifiques) nous invitent à mieux
comprendre, à la lumière des dernières découvertes scientifiques, ce que sont
l'hyperkinésie, la dépression, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer, la
maladie de Parkinson... Ils nous expliquent l'importance de nouvelles idées
comme la plasticité du cerveau ou les soubassements neuronaux de l'esprit. Ils
mettent aussi en lumière les récentes évolutions des psycho-neuro-sciences, les
tensions et les questions qu’elles posent. Et en fin de chaque chapitre, ils
nous proposent de poursuivre la lecture grâce à une sélection de livres,
publications et sites internet. Un ‘abc de nos neurones’, information
scientifique de base sur le cerveau, complète la brochure.
Téléchargeable sur le site http://www.kbs-frb.be/code/page.cfm?id_page=153&ID=323
Regard critique d’un psychiatre :
« "Mes neurones et
moi" provient de
Il y a un mais qui n'est pas évident
à percevoir et qui saute au yeux des personnes dont la sensibilité est aux aguets sur ces questions.
Or
l'utilisation de ces dérivés amphétaminiques chez les enfants n'est pas un
geste anodin. »
A lire en
anglais : « The Last Normal Child » de Lawrence Diller
Voir aussi www.healthyskepticism.org/news/InternationalNov06.php
« Que
faisons-nous à nos enfants ? Sommes nous dépendants d’une prescription ? »
par Jerome Burne, journaliste médical, à propos du traitement des enfants par des psychotropes.