ACTION
N° 102 : ALZHEIMER (8.2007) : privilégier les approches non
médicamenteuses. Sensibilisation des prescripteurs et du public.
Suite: LLG n°63, septembre 2009
La campagne médiatique actuelle
concernant la maladie d’ALZHEIMER vise surtout à promouvoir le traitement médicamenteux de cette
affection. Les messages qui y sont développés sont à l’emporte pièce et
trompeurs : « 7 malades sur 10 n'ont pas accès au traitement (Le Soir
17.08.07) », « plus tôt dépisté = plus tôt soigné = gagner du temps
sur
Un rapport récent (n°111B de 7/09) du KCE (Centre Fédéral d’Expertise www.kce.fgov.be ) confirme notre ancienne critique. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a étudié l’efficacité de la prise en charge, médicamenteuse ou non, de la maladie d’Alzheimer (MA). Il constate qu’un soutien professionnalisé et de longue durée apporté aux soignants informels, constitue la seule intervention retardant significativement l'institutionnalisation du patient. L'effet potentiel de ce type d’intervention non pharmacologique semble être supérieur à ce qui peut être observé avec les médicaments actuellement disponibles (…) Comme il n’y a encore aucun traitement qui permette d’arrêter vraiment l’évolution de la maladie, un diagnostic aussi précoce n’est pas encore vraiment nécessaire aujourd’hui.
Efficacité limitée des médicaments actuellement disponibles
L'efficacité de l'arsenal thérapeutique actuel est
très limitée. Les études sur les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase montrent
que les symptômes (par exemple les troubles de la mémoire) ne sont maîtrisés
que chez un patient sur dix. L'évolution de la maladie ne peut être stoppée.
Les preuves de l’efficacité de certains médicaments actuellement remboursés (Ginkgo
biloba, la mémantine en monothérapie) sont si faibles que le KCE remet en
question leur remboursement. La plupart des études de coût-efficacité de ces
produits ne sont pas très fiables. Il a par exemple été suggéré que ces
médicaments retardaient l’institutionnalisation des patients, mais ceci ne
ressort pas d’études randomisées. Malgré tout, approximativement 70% des
patients qui restent à la maison et un tiers des patients institutionnalisés
reçoivent un inhibiteur de l'acétylcholinestérase. Le KCE recommande
également que l'utilisation des antipsychotiques chez les patients souffrant de MA soit
limitée au maximum, car cette utilisation est associée à des chiffres de
mortalité plus élevés.