La campagne médiatique actuelle concernant la maladie d’ ALZHEIMER vise surtout à  promouvoir le traitement médicamenteux de cette affection. Les messages qui y sont développés sont à l’emporte pièce et trompeurs : « 7 malades sur 10 n'ont pas accès au traitement (Le Soir 17.08.07) », « plus tôt dépisté = plus tôt soigné = gagner du temps sur la maladie.» C’est oublié que l'efficacité des médicaments anti-Alzheimer étant modeste et transitoire et leurs effets indésirables étant nombreux, il faut se demander régulièrement si leur prescription est réellement utile au patient.

Le minidossier de la revue Prescrire de septembre 2007 sur les médicaments de la maladie d’Alzheimer (www.prescrire.org à chercher à alzheimer) nous rappelle que le donépézil a un effet modeste et transitoire (quelques mois) chez environ 10 % des patients. L'efficacité des 3 autres médicaments n'est pas meilleure. À long terme, un essai comparatif randomisé d'une durée de 3 ans a montré que le donépézil ne retardait ni l'entrée en institution ni la perte d'autonomie chez les malades atteints d'une forme légère à modérée de la maladie d'Alzheimer. Le bénéfice de ces traitements est souvent trop modeste pour courir le risque de ces effets indésirables, cardiovasculaires et neurologiques parfois graves, voire mortels.

Les effets indésirables des anticholinestérasiques, parfois difficiles à distinguer des symptômes de la maladie d'Alzheimer, sont favorisés ou aggravés par de nombreuses interactions médicamenteuses.

Face aux prises en charge de type non médicamenteux (baluchonnage, cantous, cafés de la mémoire, snoezelen,…), cette médicalisation (Disease Mongering), cautionnée par l'association Alzheimer, pose problème alors que l'INAMI serait prêt à financer des initiatives non médicamenteuses.

A l’opposé de ce genre d’information biaisée, le livre de Selmès J et Derouesné C  "La maladie d'Alzheimer - Activités et vie sociale" ( John Libbey Eurotext, Paris 2006 : 206 pages) se révèle un ouvrage pratique d'une grande lisibilité destiné à un très large public d'"aidants" de personnes en perte d'autonomie. Le chapitre consacré aux médicaments qui peuvent influer sur les activités est bien conçu. Il aborde diverses classes thérapeutiques, les présente sans enthousiasme excessif, et n'omet pas de signaler leurs effets indésirables.