ACTION
n° 97 : INFORMATION DES PATIENTS : quand les
firmes tentent de s’en emparer… (11.2006) : déclaration
commune d’organisations européennes transmise par le GRAS au ministre
fédéral de la santé
SUITES : LLG
n°63, 9/2009
La
Ministre Onkelinx
a répondu à la lettre du mois de mars adressée par le collectif belge Europe
Médicaments concernant la proposition de la Commission Européenne
sur l'information aux patients. Les conclusions du Conseil Européen des
Ministres de la Santé (du 9 juin 2009) sont favorables à notre point de vue:
les ministres ont identifié les mêmes problèmes que nous. « Beaucoup de
délégations sont d’accord sur la nécessité d’améliorer l’information du public
sur les médicaments disponibles sur prescription mais craignent que le système
proposé créent une surcharge de travail pour les autorités compétentes sans
améliorer significativement la qualité de l’information fournie aux patients.
En plus, de nombreuses délégations maintiennent que la différence entre
« information » et « publicité » n’est pas suffisamment
claire et craignent dès lors que ces
propositions ne fournissent pas de garanties suffisantes pour éviter le
contournement de l’interdiction de la publicité pour les médicaments
disponibles sur prescription. »
Le 17 juin 2007, la Ministre Onkelinx confirmait par lettre
« son attitude très critique comme celle de la plupart des états membres
vis-à-vis de l’initiative de la Commission Européenne
concernant une information aux patients donnée par l’industrie pharmaceutique
pour les médicaments soumis à prescription ». Reprécisons que cette
proposition émane en fait du Directorat Général « Entreprises et
Industrie » qui est, au niveau européen, responsables pour le domaine de la santé. Nous avons
appris que ce projet a, à nouveau, été discuté au niveau européen, cette
fois-ci au niveau du « Conseil de Santé ». Nous avons réinterrogé la Ministre Onkelinx
à ce propos, et attendons sa réponse.
D’autre part, d’autres projets circulent au niveau européen: une
proposition de confier la tutelle de cette information faite par les firmes
directement auprès des patients aux institutions de Health Technology
Assessment (HTA, c’est-à-dire le Centre d’Expertise Fédéral-KCE en Belgique) …
mais en intégrant l’industrie pharmaceutique dans ces HTA, ce qui ruinerait
leur indépendance. Une autre proposition est de revoir les modalités de la
pharmacovigilance, entre autres des PSUR (Programme de surveillance des effets
indésirables avec rapport régulier obligatoire auprès des autorités pour les
firmes); ces PSUR rassemblés par les firmes doivent être complets, mais le
projet prévoit que les firmes pourraient sélectionner les éléments transmis.
La vigilance doit donc être importante tant au niveau national (large plate-forme
sous la coordination de Tests Achats)
qu’au niveau européen (International Society of Drug Bulletins, entre
autres, sous la coordination de la revue Prescrire). Le GRAS est partie prenante à
ces deux niveaux. Dans le cadre de la constitution d’un nouveau parlement
européen et d’une nouvelle Commission, la plate-forme belge précitée a demandé
ce 17 juillet à la
Ministre Onkelinx que le secteur des médicaments ne dépende
plus du Directorat Général Entreprises et Industrie mais bien d’un Directorat
Général dédié à la santé.