Elles n’en font qu’à leur
tête !
Au moment de la ménopause, les femmes sont sujettes aux pertes de mémoire et même semble-t-il, elles attrapent un « caractère de belle-mère » (il était si joliment décrit dans nos cours universitaires…). Quelle femme ne souhaiterait pas échapper à ces déchéances ?
La prise d’un traitement hormonal substitutif (THS) dans le cadre de la ménopause n’est cependant pas une bonne chose pour la tête des femmes.
D’une part Philippe Bath et Laura Gray (1) publient une
revue systématique dans le BMJ de janvier 2005. Elle comprend 28 études (39 769
femmes). Ils y étudient la survenue d’AVC. Les traitements comprennent soit des
oestrogènes seuls, soit des oestrogènes combinés avec de
D’autre part, Sally Shumaker (2) et ses collègues ont analysé la démence et le déficit cognitif léger chez les femmes en post ménopause (4894 femmes de plus de 65 ans de la WHI). 40 femmes ont été diagnostiquées démence probable dans le groupe traité par oestrogènes et progestatifs contre 21 dans le groupe placebo. Ce qui donne un hazard ratio de 2.05 (IC 95% 1.21 à 3.48). Les auteurs concluent que le THS augmente le risque de démence probable chez les femmes de plus de 65 ans. De plus, le THS ne prévient pas le déficit cognitif léger chez ces femmes.
Jeannine Gailly
(1) BATH P,
GRAY L. Association between hormone replacement therapy and subsequent stroke:
a meta-analysis. BMJ, doi :10.1136/bmj.38331.655347.8F (published 7
january 2005).
(2)
SHUMAKER S, LEGAULT C, RAPP S and al. Estrogen plus progestin and the incidence
of dementia and mild cognitive impairment in postmenopausal women. The women’s
health initiative memory study: a randomised controlled trial. JAMA 2003;
289: 2651- 62.