Antiépileptiques et risque suicidaireLLG n° 57, mars 2008

 

D’après une déclaration de la Food and Drug Administration (FDA) du 31 janvier 2008, les patients qui reçoivent des antiépileptiques qui sont également utilisé pour traiter des troubles psychiatriques auraient deux fois plus de chance de devenir suicidaire que les patients recevant un placebo.

Le risque de suicide était observé, dans une étude portant sur 119 patients entre la première et la 24ème semaine de traitement.

La plupart des études n’excédant pas une période de deux semaines, il est difficile de d’évaluer clairement le danger au-delà de cette période de temps.

Ces résultats ont été confirmé pour les 11 antiépileptiques étudiés et le risque relatif versus placebo était plus élevé dans le groupe de patients épileptiques que pour les patients  sélectionnés pour des troubles psychiatriques ou pour d’autres indications (migraine, douleurs neuropathiques).

 

Les produits étudiés sont : carbamazépine, felbamate, gabapentin, lamotrigine, levetiracetam, oxcarbazepine, pregabalin, tiagabine, topiramate, valproate et azonisamide.

 

Les patients qui prennent ou qui entament un traitement avec des antiépileptiques doivent être surveillé pour détecter d’éventuelles modifications de comportements annonçant un comportement suicidaire tel que de l’anxiété, de l’hostilité, de la manie ou de l’hypomanie.

 

 Référence: http://www.fda.gov/medwatch/safety/2008/safety08.htm#chronological

[January 31, 2008 - Healthcare Professional Information Sheet - FDA]

 

Essais cliniques et risque suicidaire

 

 

La Food and Drug Administration (FDA) a exigé que soit désormais étudié spécifiquement l’augmentation du risque suicidaire dans tout essai clinique pour des médicaments pour des indications aussi larges que l’obésité, l’incontinence urinaire, l’épilepsie, le sevrage tabagique, la dépression, l’acné, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’angor, la douleur, les infections, l’insomnie...

Le risque suicidaire est un effet indésirable qui pourrait concerner de nombreuses substances et même des substances qui n’agissent pas sur le cerveau. La pharmacologie nous apprend que les émotions et la cognition peuvent être modifié par des produits qui n’atteignent pas le cerveau mais qui ont une action sur d’autres substances chimiques dans le corps et produisent des métabolites actifs sur le système nerveux central.

 

By GARDINER HARRIS New York Times

Published: January 24, 2008

    

 

Dans le New England Journal of Medecine du 17 janvier 2008, on peut lire que la FDA oblige désormais les firmes à enregistrer, dès leur initiation, leurs essais de médicaments sous peine de pas les prendre en compte à l'occasion des décisions de mise sur le marché des dits produits afin d’éviter que des résultats d'études ne soit escamotés.

Ainsi la FDA détient maintenant un ensemble d'essai avec leurs résultats positifs ou négatifs.

Les auteurs de l'article ont comparé l'ensemble des essais détenus par la FDA au sujet des antidépresseurs. Ils ont comparé les résultats positifs ou négatifs avec l'ensemble des essais publiés pendant la période concernée.

En résumé :

Seuls 50% des essais analysés par la FDA étaient positifs (donc les autres 50% ne montraient pas d'avantage du médicament par rapport au placebo).

Par contre, 94% des essais publiés étaient positifs (ce qui démontrent que les firmes ne publient le plus souvent que les études donnant des résultats positifs).

 

NEJM du 17 janvier

http://content. nejm.org/ cgi/content/ short/358/ 3/252?query= TOC