British (Medical Journal) Humour.

 

Dans un livre intitulé "How to read a paper, the basics of evidence based medicine" (London - BMJ Publishing Group 1997), Greenhalgh donnait de judicieux, et ironiques, conseils aux firmes pharmaceutiques pour la présentation de leurs nouveaux médicaments (repris dans le Geneesmiddelenbulletin 199, 33, 2, 23-4). A savourer!

1.      Suggérez un possible mécanisme d'action et mettez-le habillement en exergue. Chercher pour ce faire, de préférence un critère de jugement accessoire, qui, pour ne pas être strictement valide, n'en n'est pas moins modifié par le médicament.

2.      Sélectionnez, pour l'étude clinique, la population, l'environnement et la durée d'étude les plus appropriées à mettre en valeur les effets possibles du médicament.

3.      Si possible, comparez le médicament uniquement à un placebo. Si une comparaison avec un médicament concurrent ne peut être évitée, faites-le avec un dosage infrathérapeutique.

4.      Incluez les résultats des études préliminaires dans les résultats finaux, la population de l'étude apparaissant ainsi plus importante que dans la réalité (publication en "poupées russes").

5.      Ne faites référence à aucune étude dans laquelle des décès ou des effets secondaires graves furent enregistrés dans le groupe traité avec le principe actif. Evitez, si possible, de publier ces études.

6.      Demandez au département graphique de maximiser l'effet visuel du message. Pour vous y aider, n'explicitez pas les axes des graphiques: ne mentionnez ni le type d'échelle utilisé (linéaire ou logarithmique) ni la valeur des intervalles de cette échelle. Ne livrez en aucun cas des données individuelles des patients avec des intervalles de confiance.

7.      Apprenez à maîtriser la "comparaison flottante": utilisez les mots "meilleur", "moindre" ou "plus fort" sans expliciter le point de comparaison.

8.     Modifiez la stratégie habituelle de démonstration afin que les anecdotes paraissent plus importantes que les études randomisées ou les méta-analyses.

9.      Nommez au moins trois leaders d'opinion régionaux qui emploient votre médicament. Faites parvenir aux médecins des échantillons pour qu'ils essaient le médicament.

10.  Présentez une analyse coût/efficacité qui démontre que votre médicament, même s'il est plus cher, "revient quand même moins cher" que celui de la concurrence.