EFFETS
CARDIOVASCULAIRES INDESIRABLES
Plusieurs RCTs ont été construites pour évaluer la sécurité des coxibs.
Comme les firmes voulaient surtout démontrer la soi-disant meilleure tolérance
digestive de ces molécules, les études ont été construites dans ce sens. Dans
ce type d'étude, le risque d'infarctus du myocarde est, par exemple, plus
important avec le rofécoxib qu'avec la naproxène (étude VIGOR, Bombardier
2000).
Dans une autre étude, CLASS, (Silverstein 2000), l'incidence d'événements
cardiovasculaires indésirables n'est pas, dans la publication initiale,
différente selon les groupes célécoxib, ibuprofène ou diclofénac. Les données
complètes de l'étude, révélées par
Les données connues de la dernière étude en date (APPROVe), arrêtée
prématurément, semble montrer l'apparition de ce risque même à une dose dite
plus faible, mais après un certain temps d'utilisation (18 mois).
Pour le lumiracoxib, une étude d'une durée de 52 semaines (Schnitzer
2004), a montré une tendance à l'augmentation de risque (infarctus du myocarde non
fatal et silencieux, accident vasculaire cérébral ou décès d'origine
cardiovasculaire) : HR 1,14 (IC à 95% 0,78-1,66; p=0,5074).
Les données concernant l'incidence d'insuffisance cardiaque sont
contradictoires : incidence accrue pour le rofécoxib versus célécoxib dans une
étude (Whelton 2001), non statistiquement différente pour le rofécoxib versus
célécoxib (Whelton 2002), non statistiquement différente pour le rofécoxib
versus naproxène dans une troisième étude (Hawkey 2003).
Ces RCTs n'avaient cependant pas la puissance nécessaire pour établir le risque
cardiovasculaire avec certitude.
D'autres RCTs, conçues pour évaluer l'efficacité des coxibs livrent des
indications sur les effets indésirables observés. Les conclusions sont encore
plus difficiles. Soit ces RCTs ne mentionnent pas si des effets
cardio-vasculaires indésirables (sérieux ou non) sont survenus, soit
mentionnent que certains sont survenus sans les détailler (en arguant, parfois,
du fait qu’ils n'ont pas été attribués, par les auteurs, au médicament évalué),
soit en les détaillant mais en mentionnant qu'ils n'ont pas été attribués, par
les auteurs, au médicament évalué. Pour chaque coxib étudié (célécoxib,
étoricoxib, rofécoxib, parécoxib et vadécoxib), des survenues d'événements
cardiovasculaires indésirables sérieux (rares) sont mentionnées dans une ou
plusieurs études dont la durée est généralement courte et la puissance
insuffisante pour établir le risque cardiovasculaire avec certitude. Une étude
dans une population particulièrement à risque (pontage coronarien) (Ott 2003)
montre, par exemple plus d'infarctus du myocarde (5/1) d'événements
cérbrovasculaires (9/1) dans le groupe parécoxib-valdécoxib que dans le groupe
placebo (différence non significative).
Etant donné les incertitudes soulevées par toutes ces RCTs, il est
intéressant de consulter les analyses d'observation et les synthèses de la
littérature sur ce sujet.
Le risque cardiovasculaire semble, pour le rofécoxib en tout cas,
croître ou apparaître après un certain délai d'utilisation du coxib. Dans une
étude d'observation (Solomon 2004) cependant, le rofécoxib provoque plus
d'hospitalisation pour infarctus que le célécoxib, mais uniquement pendant les
périodes inférieures à 90 jours de traitement. Il est communément admis,
actuellement, qu'un délai d'observation insuffisant (moins de 8 à 12 mois)
pourrait ne pas rendre compte de l'augmentation de ce risque (OHSU 2003). Pour
le rofécoxib, ce risque a initialement été corroboré à la dose utilisée (Ray
2002).
EFFETS THROMBO-EMBOLIQUES (à départ veineux)
Dans une RCT
avec le lumiracoxib (Schnitzer 2004), un risque semblable de thrombose veineuse
est observé avec le lumiracoxib (0,07%) et les autres AINS (naproxène,
ibuprofène). Les données complètes de l'étude CLASS par