Retrait successif des coxibs  LLG 48, décembre 2005

Dans le n° 22 de décembre 2004, La Lettre du CEDIM faisait état des problèmes posés par les coxibs ; ce groupe de “nouveaux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)” qui seraient des inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase de type 2. Leur particularité serait de bloquer la production de certaines substances appelées prostaglandines, responsables de l'inflammation. Ils auraient cependant une moindre action sur la production d'autres prostaglandines, comme celles qui participent à la protection de l'estomac.

 

Le coup de massue : plusieurs essais cliniques, portant au total sur plusieurs milliers de patients, ont montré une augmentation de la mortalité totale sous rofécoxib. Ce médicament est retiré du marché mondial en novembre 2004.

Les gens ont continué d’ouvrir le bon œil ! Les dégâts cardiovasculaires des coxibs se sont confirmés. Un essai du même type a montré une augmentation des thromboses et des insuffisances cardiaques sous célécoxib (Celebrex°, commercialisé au Burkina Faso). L'Agence française des produits de santé et l'Agence européenne du médicament ont conclu que «l'augmentation du risque d'effets indésirables cardiovasculaires est un effet de classe des inhibiteurs de la Cox-2 ». Les résumés des caractéristiques (RCP) des coxibs sont alors modifiés : Les coxibs sont désormais contre indiqués chez les patients ayant une maladie cardiaque ou un antécédent d'accident vasculaire cérébral. Une mise en garde est introduite quant aux patients ayant des facteurs de risque cardiovasculaire. Compte tenu de ces risques cardiovasculaires, il est recommandé d'utiliser la plus petite dose efficace pour la plus courte durée de traitement.

La vérité nous libèrera : En février 2005, deux commissions de la Food and Drug Administration (FDA) ont reconnu les risques cardiovasculaires du célécoxib, du valdécoxib et du rofécoxib, mais elles se sont prononcées pour le maintien sur le marché de ces médicaments. Selon une enquête du New York Times, 10 des 32 membres des commissions auraient travaillé durant les dernières années pour les firmes concernées. Sans leurs votes, largement favorable au maintien sur le marché, les résultats auraient été inversés pour 2 des coxibs examinés.

En début avril 2005, la FDA américaine a demandé le retrait du marché du valdécoxib (Bextra°, non commercialisé au Burkina Faso), du fait d'une balance bénéfices-risques défavorable. L'Agence européenne a fait de même. L'Agence britannique a précisé avoir connaissance, au niveau international, de 155 observations d'atteintes cutanées graves (dont des syndromes de Lyell), survenues le plus souvent dans les 2 à 3 premières semaines sous valdécoxib. La FDA a mentionné le risque notamment d'hémorragies digestives potentiellement mortelles sous coxibs.

Le valdécoxib est un métabolite du parécoxib (Dynastat°), c'est-à-dire que dans l’organisme humain, le parecoxib subit des modifications chimiques et se transforme en valdécoxib.

Le célécoxib (Celebrex°) quant à lui est toujours vendu au Burkina Faso.

 

Références

1- Afssaps "Sécurité d'emploi des coxibs : nouvelles contre-indications et mises en garde - concernant le risque cardiovasculaire" : 17 février 2005. Site internet http://afssaps.sante.fr

 

2- Harris G et Berenson A "10 voters on panel backing pain had industry ties" New York Times du 25/02/2005. Site internet http://www.ahrp.org

 

3- Prescrire Rédaction “coxib, suite : demies mesures et maintien sur le marché” rev Prescrire 2005 ; 25 (260) : 2.

 

4- Food and Drug Administration "FDA public health advisory. FDA announces important changes and additional warnings for COX-2 selective and non-selective non-steroïdal anti-inflammatory drugs (NSAIDs)" 7 avril 2005. Site internet http://www.fda.gov

 

5- Prescrire Rédaction “coxibs, suite : retrait du valdécoxib” rev Prescrire 2005 ; 25 (261) 350.

 

6- Groupe Qualité, Lettre bimensuelle. N° 22 • Mai 2005 première quinzaine.