Les traitements antidouleurs sont-ils vraiment accessibles pour tous ? LLG 62, juin 2009
(Résumé original disponible à l’adresse : http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/health0309frsumandrecs.pdf)
En 1961, la communauté internationale a adopté un accord proclamant les stupéfiants comme indispensables pour soulager la douleur. D’après cet accord, les gouvernements ont l’obligation de garantir la disponibilité des traitements antidouleurs, au minimum pour la morphine.
A ce jour, 80% de la population n’a pas ou peu accès à ces traitements. Et pourtant ces médicaments pouvant soulager des douleurs insupportables sont disponibles, peu onéreux, efficaces, sûrs et simples à administrer.
L’écart entre les besoins de traitement et les médicaments délivrés vient d’une certaine inertie des gouvernements quant à l’application de cet accord. La non-priorité du traitement de la douleur, le peu de systèmes efficaces de fourniture et de distribution de morphine, l’absence de politiques de gestion de la douleur et de soins palliatifs, l’absence de formations et de directives pour les praticiens, les réglementations strictes de contrôle de ces drogues ainsi que les pénalités excessives pour leur utilisation abusive sont des preuves de la non volonté des gouvernements à agir. Ces mesures, ou « non-mesures », sont dictées par la crainte du détournement de l’usage médical de la morphine vers des buts illicites. Or il a été démontré que ces détournements sont rares. En outre, ces réglementations complexes et l’absence de formation amenant à un traitement insuffisant de la douleur et une demande faible en morphine, entraînent un cercle vicieux de la non gestion des soins antalgiques et de la « non utilisation » de ceux-ci par les praticiens de la santé.
Et pourtant les exemples du Vietnam, de l’Ouganda
ou de
Différentes recommandations ont donc été proposées en vue de la session spéciale sur les drogues de l’Assemblée générale de l’ONU qui a eu lieu en mars de cette année.
Il est donc demandé aux gouvernements, aux décideurs mondiaux en matière de politique relative aux drogues, à l’OMS, à l’ONUSIDA, à la communauté des bailleurs de fonds et à la communauté mondiale des droits humains, de prendre en compte les directives suivantes:
- une évaluation régulière des besoins et de la disponibilité de la gestion de la douleur
- une amélioration de la disponibilité des produits
- la garantie de création d’un système d’approvisionnement efficace, d’une formation des professionnels de la santé
- l’élaboration de politiques de gestion de la douleur et de soins palliatifs en vue de supprimer les obstacles à l’accessibilité de ces services
- le rétablissement de l’équilibre entre l’accessibilité et la prévention de l’utilisation abusive des médicaments contrôlés par une modification des réglementations.
- la garantie d’un coût abordable pour les médicaments visés par ces mesures.
La lettre du GRAS