J’ai eu l’occasion, lors d’une soirée d’information sur les médicaments génériques, d’écouter le Pr Lesne. Mr Lesne est pharmacien et ses activités professionnelles se partagent entre l’enseignement, la recherche au sein de l’industrie pharmaceutique et la Commission de Transparence des médicaments au Ministère de la Santé.

Il nous a rappelé les différentes étapes de la fabrication d’un médicament ainsi que les règles qui les régissent et les  critères de qualité qui doivent être appliqués. Ces normes peuvent différer légèrement d’un pays à l’autre mais il existe des consensus internationaux qui garantissent la qualité de toute la chaîne de fabrication, depuis l’élaboration de la substance active jusqu’à la présentation finale ( le produit vendu en officine). Les processus de contrôle sont rigoureusement identiques, que ce soit pour un médicament « de marque » ou pour un médicament générique. Il n’y a donc aucune raison de se méfier de ces produits. Quant au financement de la recherche via la prescription de médicaments de marque ( argument souvent mis en avant par les délégués), il faut savoir que les résultats de la recherche pharmaceutique sont relativement médiocres par rapport aux sommes investies et que les nouveaux médicaments, même s’ils sont développés par les firmes, ont souvent été découverts par de petits laboratoires indépendants qui n’ont pas les moyens d’assurer leur développement. Il n’y a donc aucune raison de se sentir redevable vis-à-vis de l’industrie du médicament. Pour illustrer mon propos, je terminerai avec un exemple de la manipulation dont nous sommes –parfois- victimes.

AstraZeneca a lancé le Nexiam® pour compenser la perte du brevet du Losec® et l’ouverture du marché aux génériques en nous vantant la supériorité du dernier-né. Sans nous dire que tous deux sont des «  pro-médicaments » qui doivent être métabolisés pour être efficaces et, surtout, que leurs métabolites sont les mêmes ! Dès lors, 40 mg d’oméprazole générique sont évidemment aussi efficaces que 40  mg de Nexiam® et pour un coût nettement inférieur pour le patient et pour la sécurité sociale. 6 milliards de dollars ont été investis dans les actions publicitaires qui ont accompagné le lancement du médicament… cela laisse rêveur.

 

Dr Ingrid Dropsy