ESSAIS CLINIQUES : L'Inde remplace la Chine et devient la destination du moment.LLG 59, septembre 2008

 

Par Kounteya Sinha  TNN New Delhi - Charles Rambert pour la traduction

Dépêche de E-drug du 7 avril 2008

 

L'Inde remplace la Chine et devient la destination favorite en Asie pour les études cliniques. Alors que le marché des études cliniques délocalisées en Inde est estimé à 300 millions de dollars américains, avec une croissance de 65% en 2006, on s'attend à ce qu'il atteigne 1,5 à 2 milliards de dollars américains d'ici 2010. Des facteurs comme une grande variété génétique, un grand nombre de patients, une population mal informée ( ! !), des professionnels de santé compétents, des hôpitaux de haute tenue où peuvent être conduites les études cliniques et le bas coût des services ont poussé le flot de la recherche clinique vers l'Inde. Une étude clinique coûte de 20 à 60% moins cher en Inde que dans un pays développé. Les économies dérivent de l'emploi de personnel en recherche clinique, d'infirmières et d'informaticiens à des salaires inférieurs au tiers de celui des pays industrialisés. Les informations fournies par l'Association Indienne de la Pharmacie, Indian Pharmaceutical Alliance, montrent que GSK est en tête avec 22 études, suivi de Johnson & Johnson avec 22 aussi, Eli Lilly et BMS avec 17 études chacun, Pfizer avec 16, Sanofi Aventis avec 15, Astra Zeneca avec 10, Novartis avec 9, MSD avec 8 et Roche avec 5.

Selon le Plan, deux autres facteurs ont fait de l'Inde la destination favorite pour la recherche clinique. Tout d'abord, l'Inde a adopté des lois sur protection de la propriété intellectuelle et puis le ministère de la santé a établi un cadre législatif complet sur la conduite des études cliniques. Le président de l'Institut de Recherche Clinique (Institute of Clinical Research), Mr. S R Duga, présente plusieurs facteurs ayant contribué à la percée de l'Inde sur le terrain de la recherche clinique: "En Inde, le marché pharmaceutique est très actif, et compte tenu de la protection des brevets mise en place en 2005, les laboratoires peuvent mettre leurs produits sur le marché en Inde en même temps que dans le reste du monde. Le personnel médical indien parle anglais couramment. A l'opposé de la Chine, l'Inde respecte de près les règles éthiques. De plus en Inde, les médecins sont plus nombreux et de meilleure réputation qu'en Chine".

Le document produit par le directeur adjoint du Plan, Mr. Montek Singh Ahluwalia, épingle cependant plusieurs points faibles : il manque en Inde entre 30.000 et 50.000 professionnels en recherche clinique, allant des investigateurs aux auditeurs en passant par les membres des comités d'éthique et des comités de gestion sur la sécurité des données. Les infrastructures réglementaires du pays sont faibles et le personnel du service de la Direction du Médicament est insuffisant.