Sous le titre « Hypolipidémiants : prescription sous influence », la Revue Prescrire nous livre , dans un éditorial, les résultats d’une étude auprès de médecins généralistes libéraux français sur leurs prescriptions dans ce domaine (1).
« Une étude sur plus de 40.000 patients. L’étude a porté sur 43.763 cas d’hyperlipidémies, issus des données des 613 médecins généralistes. Les données ont été recueillies de manière rétrospective sur 2 ans, avec une comparaison 1998 versus 1999. Un questionnaire complémentaire a été adressé aux médecins, afin de connaître notamment la participation à différentes actions de formation médicale continue, à un réseau ville-hôpital, ainsi que le nombre de visiteurs médicaux reçus chaque semaine. 364 médecins (59,4 %) ont répondu. »
Entre autres commentaires des résultats, la Revue Prescrire note :
« Le poids de la visite médicale. Les auteurs de l’étude ont établi un rapport entre les prescriptions d’atorvastatine et de cérivastatine et le nombre de visiteurs médicaux reçus. Ainsi, parmi les médecins recevant moins de 10 visiteurs médicaux par mois, 34 % ne prescrivaient pas ces deux substances, et 13 % en prescrivaient. A l’inverse, parmi les médecins recevant plus de 30 visiteurs médicaux par mois, moins de 10 % ne prescrivaient pas l’atorvastatine et la cérivastatine, alors que 26 % en prescrivaient. Cette étude n’est pas représentative de l’ensemble des médecins généralistes, mais elle montre que d’autres facteurs que les données de l’évaluation clinique d’une substance sont susceptibles d’influencer les prescripteurs. Il ne s’agit pas là d’une constatation isolée. Elle donne de puissants arguments à ceux qui estiment que les prescripteurs doivent rendre des comptes sur les critères de leur choix de prescription. »
REFERENCE
LRP. Editorial : Hypolipidémiants : prescription sous influence. Revue Prescrire 2002 ;22(230) :537-8.