LLG n°57, mars 2008
EN FRANCE :
Transparence de la
presse et des formations : rendre publics les liens d'intérêts
En France, il aura fallu 5 ans et de
nombreuses interventions pour que soit publié en mars 2007 le décret
d'application organisant la publicité des liens entre les professionnels de
santé qui interviennent dans une formation professionnelle ou dans un média
grand public, et les firmes qui produisent ou commercialisent les produits
concernés par leurs interventions.Cette information est pourtant indispensable
pour qui veut apprécier la crédibilité des sources d'information. La loi de
2002 était restée lettre morte, faute de décret d'application, annoncé en 2005,
puis en 2006, puis en mars 2007, voire au plus tard début 2008, sous le
prétexte d'"un travail de concertation très important […] avec l'ensemble
des professionnels". Le Formindep, collectif pour une formation médicale
indépendante, s'est résolu à déposer en mars 2007 un recours devant le Conseil
d'État pour obtenir la promulgation de ce décret. Mais le décret est paru sans
attendre l'instruction du recours. Désormais, "l'information du public sur
l'existence de liens directs ou indirects entre les professionnels de santé et
des entreprises ou établissements mentionnés à l'article L. 4113-13 est faite,
à l'occasion de la présentation de ce professionnel, soit de façon écrite
lorsqu'il s'agit d'un article destiné à la presse écrite ou diffusé sur
internet, soit de façon écrite ou orale au début de son intervention, lorsqu'il
s'agit d'une manifestation publique ou d'une communication réalisée pour la
presse audiovisuelle". En cas de manquement à ces obligations, les ordres
professionnels sont chargés des sanctions éventuelles. Cette obligation
s'applique également aux non-professionnels de santé, membres des conseils et
des commissions qui siègent auprès des ministres chargés de la santé et de la
Sécurité sociale tels que la Direction générale de la santé et auprès de divers
organismes publics, ainsi qu'aux collaborateurs occasionnels de ces commissions.Quant
à l'article 31 de la loi du 26 février 2007, qui porte sur la transparence des
financements des associations de patients par les firmes de santé, espérons
qu'il sera plus vite appliqué, sans attendre une action devant le Conseil
d'État.
Rev Prescrire 2007 ; 27 (284) : 467.