La relation entre le patient et le professionnel de santé est basée essentiellement sur la confiance.
C’est très vrai dans la relation avec son médecin, mais ce l’est tout autant avec son dentiste ou son pharmacien.
L’évolution des connaissances et la spécialisation des soins ont pour conséquence que le patient entre en relation avec davantage de professionnels de la santé qu’auparavant.
Il demande volontiers conseil au médecin en qui il a le plus confiance. Il demande aussi conseil à son pharmacien pour des choix de médicaments, en vente libre notamment.
J’ai pu observer en 30 ans de pratique de médecine générale à quel point le patient fait confiance à son médecin ou son pharmacien, surtout si cette relation s’inscrit dans la durée et la proximité.
Peu de patients imaginent que dans sa prescription ou sa délivrance de médicaments, le médecin ou le pharmacien puissent être influencés aussi par des arguments publicitaires.
L’industrie des médicaments et des dispositifs médicaux est cependant présente partout : dans les cabinets médicaux, les officines, les hôpitaux, mais aussi dans la formation continue et à l’université.
Pour le praticien, garder son indépendance vis-à-vis de l’industrie est incontestablement un élément de nature à renforcer cette nécessaire relation de confiance avec le patient. Ce soucis d’indépendance est une des raisons d’être de notre revue et de notre réflexion.
Nous nous réjouissons qu’un petit pas dans ce sens ait été fait récemment dans notre pays par le législateur.
En effet, dans sa circulaire n° 487 de février 2007, l’agence fédérale des médicaments et produits de santé informe les médecins, pharmaciens, dentistes et vétérinaires qu’à partir du 01/01/2007 un certain nombre de mesures sont instaurées, visant une interdiction générale des primes et avantages pécuniaires ou en nature, s’appliquant à la fois à ceux qui les offrent et à ceux qui les sollicitent.
(Texte complet sur www.afmps.be).
Notre revue reprendra en détail ces mesures et les exceptions prévues lors d’un prochain numéro.
L’avenir nous dirasi l’indépendance des prescripteurs et dispensateurs en sortira grandie.
Nous vous proposons enfin d’aborder dans ce numéro et dans le désordre les sujets suivants : qualité de l’information écrite transmise par l’industrie aux médecins, la duloxétine, les conflits d’intérêts en Belgique et à l’étranger, Novartis et les génériques, test de dépistage de prostate controversé, campagne promotionnelle autour du symbicort®, projet de chaîne TV sur les médicaments, et enfin un exemple de promotion déguisée d’un vaccin controversé.
Indépendance, disais-je…..
Bonne lecture.
François Baivier,
médecin de famille,
membre du GRAS