XXème journée
annuelle de l’Ordre national des Pharmaciens
* Discours de Roselyne
Bachelot-Narquin
http://www.ordre.pharmacien.fr/Actualites/frame_news.asp?actu_id=819
EXTRAITS :
Le seul énoncé des différentes
sections de l’ordre illustre bien la diversité d’un métier dont les bonnes
pratiques déterminent, pour une grande part, la qualité de notre système de
soins. Cette pluralité des fonctions exercées n’implique pas, pour autant,
l’éclatement de vos missions ni même la séparation de vos intérêts. Pour en avoir
moimême pratiqué l’exercice, je sais bien que, dans l’univers pharmaceutique,
tout se tient, d’un bout à l’autre de la chaîne, depuis la recherche jusqu’à
l’officine.Le maintien de la détention du
capital des officines et des laboratoires de biologie médicale par ceux qui les
exploitent et en assument la responsabilité pharmaceutique. Je l’affirme ici
sans ambage : je défendrai aussi le principe du monopole pharmaceutique.
Le DP et le DMP sont intimement liés, puisque le premier a vocation à alimenter la partie médicament du second. Afin de ne pas freiner son rythme de progression, j’ai soutenu à l’Assemblée Nationale l’amendement au PLFSS inspiré par l’Ordre, visant à déconnecter les deux dossiers dans l’attente de la mise en œuvre effective du DMP. Avec l’ouverture de plus de 1 000 dossiers par jour, le DP semble recueillir l’adhésion des patients qui, je l’espère, en seront les plus grands bénéficiaires. Ce nouvel outil rendra non seulement lisible la traçabilité des dispensations, mais il permettra aussi de favoriser la détection d’éventuelles interactions entre les médicaments, qu’ils aient été prescrits ou non, et d’éviter les erreurs médicamenteuses.Le monopole pharmaceutique constitue un maillon indispensable de la politique intégrée du médicament que je souhaite mettre en œuvre Le médicament doit rester identifié comme étant un produit spécifique, dont le potentiel de soulagement ou de guérison est toujours, quel qu’il soit, assorti de risques. L’accompagnement et les conseils d’un professionnel de santé spécialisé, indépendant et dont la responsabilité personnelle est pleinement engagée est clairement de nature à protéger la santé des patients. Seul un pharmacien est vraiment à même de le bon médicament au bon patient, lorsqu’un traitement est nécessaire, de dispenser une éducation thérapeutique adaptée et d’orienter le cas échéant vers une consultation médicale. Cet impératif justifie que les patients/consommateurs ne puissent trouver de médicaments au milieu d’une suite de rayons de bonbons ou de lessive, mais uniquement dans un commerce dédié et professionnalisé.
Si je souhaite autoriser la mise à
disposition de médicaments de prescription facultative devant le comptoir,
c’est précisément pour valoriser le conseil pharmaceutique associé et éviter la
mise en vente des médicaments dans les supermarchés. Le rôle du pharmacien
apparaît, en effet, encore plus fondamental et indissociable du bon usage du
produit, lorsque celui-ci est utilisé sans consultation préalable d’un médecin.
Cette fonction sera d’autant mieux reconnue qu’il sera le seul à même de
déconseiller au patient une prise médicamenteuse lorsqu’elle ne sera pas
adaptée.
Ceci me conduit à vous présenter le
troisième élément de ce plan d’actions : il s’agit de donner un statut
réglementaire de type centrale d’achat ou coopérative aux groupements de
pharmaciens pour l’achat groupé des médicaments non remboursables et de
parapharmacie. Ce statut comportera une contrepartie d’engagements de service
public tels que formation, actions d’information ou de prévention, éducation
thérapeutique, observance, traçabilité et lutte contre la contrefaçon, et
surtout maîtrise des prix publics des médicaments non remboursables. Il
permettra donc à tous les pharmaciens adhérant à ces groupements de bénéficier
des remises leur permettant d’offrir les meilleurs prix à leurs clients une disposition visant à prévenir
l'achat, par certaines officines, de certains médicaments en quantités
considérables, sans rapport avec leur activité normale. Il s’agit là de mettre
fin à des trafics constatés par vos services, par l’assurance maladie ou encore
par le ministère de l'intérieur. Les fournisseurs de médicaments devraient être
tenus de refuser ce type de commandes et d'en aviser les autorités compétentes.
Nous regrettons que l’amendement préparé par notre Ordre n’ait pas été soutenu
par le Gouvernement à l'Assemblée nationale, au motif que nous pourrions déjà
agir sans modifier les textes en vigueur. Certes, nous pouvons agir et nous
l'avons déjà fait, conjointement avec vos services, d’ailleurs, mais à une condition
: savoir. Savoir qu’il y a, ici ou là, une tentative de trafic.
L’amendement nous en donnerait le
moyen en amont, avant que la faute ne soit commise. Cette mesure
renforcerait la fiabilité de la chaîne pharmaceutique l’interdiction
de
L’industrie pharmaceutique est,
certes, également soucieuse du bon usage des médicaments qu’elle produit. Vous
vous souvenez des débats de l’hiver dernier au sujet de ces programmes d'accompagnement
conduits par certains fabricants, sous couvert de ce que demanderaient l'Agence
européenne du médicament et la Commission, ce qui s'est avéré n'être pas exact.
Nous l'avons vérifié auprès de ces deux instances. Les programmes en question prévoyaient
le suivi des patients par le biais de relances téléphoniques.
Heureusement, ces demandes n'ont
finalement pas été retenues par les députés. Votre prédécesseur a demandé au
sénateur About, Président de la commission des affaires sociales de
Débats menés à Bruxelles sur
l’information aux patients. Débats cycliques, organisés par les services de la
Commission chargés du commerce et non pas de la santé, avec encore une fois des
pressions économiques.