La Lettre du GRAS et les coxibs    Télécharger: LLGcoxibs.pdf  

De nombreuses publications depuis l'an 2000

Action 50: Rofécoxib (Vioxx ®) mars 2000

Publicité médiatique indirecte à la télévision – Minimisation des effets secondaires.

Publications :

Lettre 25 (mars 2000) : enfin un médicament intelligent!

Lettre 26 (juin 2000) : Les placebo dangereux?

Lettre 28 (décembre 2000) : Les Cox-2 à la mode de chez nous.

Lettre 29 (mars 2001) : A propos du rofécoxib

Lettre 35 (septembre 2002) : Nous nous sommes faits encoxibés.

Lettre 38 (juin 2003) : Coxibs : troubles psychiatriques et choc anaphylactique

Lettre 43 (septembre 2004) : Fraudes et rétention : (les Coxibs) moins d'effets indésirables prévus mais davantage observés.

Suite à l'annonce du retrait du Vioxx ® , nous avons publié une communication en commun avec les autres sources d'information pharmacothérapeutique  indépendante en Belgique, message repris simultanément sur les différents sites propres à chacune de ces associations. En voici le texte in extenso.

RETRAIT MONDIAL DU ROFECOXIB

samedi 9 octobre 2004

Cette communication est publiée simultanément sur les sites web du

 

Le 30 septembre 2004, il a été annoncé que les spécialités à base de l’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) COX-2 sélectif rofécoxib (Vioxxâ, VioxxDolorâ) étaient mondialement retirées du marché, et ce à l’initiative de la firme productrice MSD.

Cette décision a été prise suite à la connaissance des résultats préliminaires de l’étude APPROVe (Adenomatous polyp prevention on Vioxx), une étude contrôlée versus placebo sur l’effet du rofécoxib (25mg par jour) sur le risque de récidive de polypes du côlon chez des patients avec des antécédents d’adénomes colo-rectaux; il s’agissait de patients à risque cardio-vasculaire faible. Lors de l’analyse intérimaire après 18 mois, un risque accru d’accidents cardio-vasculaires graves (entre autres d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral) a été retrouvé dans le groupe rofécoxib. Dans le groupe rofécoxib, sur les 18 mois, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral est survenu chez 3,5% des patients dans le groupe rofécoxib, versus 1,9% dans le groupe placebo (p < 0,001). Cela signifie que pour 1000 patients, il y a eu 16 incidents en plus avec le rofécoxib qu’avec le placebo.

Déjà en 2001, la possibilité d’un risque accru d’accidents cardio-vasculaires avec le rofécoxib avait été avancée sur base de l’étude VIGOR, une étude comparative entre le rofécoxib et la naproxène. Des doutes persistaient cependant à ce moment, étant donné qu’il n’était pas évident s’il s’agissait d’un effet néfaste du rofécoxib ou d’un effet cardio-protecteur de la naproxène. En effet, contrairement au naproxène, le rofécoxib n’a pas d’effet antiagrégant.

Suite au retrait du rofécoxib, se pose la question de savoir si un risque accru d’accidents cardio-vasculaires existe aussi avec les autres AINS COX-2 sélectifs [célécoxib (Celebrexâ), étoricoxib (Arcoxiaâ), valdécoxib (Bextraâ)]. En d’autres mots, s’agit-il d’un effet de classe? Bien qu’il ne soit pas possible pour le moment d’apporter une réponse univoque à cette question, un certain nombre de remarques peuvent être faites.

-    Les AINS COX-2 sélectifs n’influencent pas l’agrégation plaquettaire, mais, à l’instar des AINS non sélectifs, ils inhibent la synthèse vasculaire de prostaglandines. Ceci pourrait être un argument en faveur de l’existence d’un effet de classe.

-    Avec le rofécoxib, le risque est apparu clairement dans une étude randomisée contrôlée, et ceci seulement après 18 mois. Les données à long terme concernant les autres AINS COX-2 sélectifs sont limitées.

Que pouvons-nous en tirer comme conclusion pour l’utilisation des autres AINS COX-2 sélectifs?

Dans l’attente de données supplémentaires, il est raisonnable de n’utiliser les AINS COX-2 sélectifs que si un AINS est vraiment nécessaire chez un patient présentant un risque élevé de complications gastro-intestinales liées aux AINS. A ce sujet, il ne faut pas oublier que les AINS COX-2 sélectifs entraînent peut-être un peu moins de complications gastro-intestinales, mais il est certain qu’ils ne sont pas dénués de tout risque dans ce domaine.

Chez les patients nécessitant une protection cardio-vasculaire, un traitement par faible dose d’acide acétylsalicylique, doit en principe être poursuivi lors d’un traitement par un AINS COX-2 sélectif. L’acide acétylsalicylique augmente dans ce cas le risque de problèmes gastro-intestinaux et dès lors, l’avantage d’une sécurité gastro-intestinale plus grande d’un AINS COX-2 sélectif tombe. La présence à l’anamnèse d’incident cardio-vasculaire ou d’un risque élevé pour celui-ci est cependant une contre-indication pour leur usage.

Cet incident avec le rofécoxib souligne une fois encore l’importance de suivre de manière systématique (e.a. par des études contrôlées) les effets indésirables des médicaments et leur rapport risque/bénéfice, après leur enregistrement et commercialisation. En effet, les risques et les bénéfices des médicaments ne peuvent être correctement évalués que lorsqu’ils sont utilisés après commercialisation durant une longue période par un grand nombre de personnes non sélectionnées.

Des informations plus détaillées sur ce retrait peuvent être obtenues sur les site web suivants

-           Food and Drug Administration http://www.fda.gov./cder/drug/infopage/vioxx/default.htm

-           Direction générale Médicaments

 http://www.afigp.fgov.be/New/FR/A%20propos%20DGM/a%20propos%20dgm.htm

Ces derniers jours, un certain nombre d’articles ont été publiés dans des revues renommées

-           Lancet 9 octobre 2004 via http://www.thelancet.com

-    New England Journal of Medicine: articles «early release» via le site web http://content.nejm.org, dont la publication est prévue dans le numéro du 21 octobre 2004

-           British Medical Journal 9 octobre 2004 via http://www.bmj.com