GRAS FLASHS LLG 44, décembre 2004

Moins d'antibiotiques prescrits = plus d'infections graves?

Le lecteur intéressé par l'évolution de la résistance des germes aux antibiotiques, suivant la façon dont ils sont prescrits, se souviendra de l'article publié en ce début 2004 par Price et coll. (1). Ces auteurs avaient étudié l'évolution de la mortalité liée à la pneumonie ainsi que l'évolution des prescriptions d'antibiotiques au niveau d'une cohorte britannique. Ils avaient émis l'hypothèse que l'augmentation constatée de cette mortalité liée à la pneumonie était en lien avec la réduction de prescription d'antibiotiques au niveau de cette population. Il s'agissait bien d'une étude écologique, sans possession des données individuelles de traitement de ces patients. Majeed et coll. (2), pour l'organisation Dr Foster, publient, en octobre dernier, une autre étude, sur des données britanniques également. Ils comparent les hospitalisations pour problèmes respiratoires versus prescription d'antibiotique dans cette population (données standardisées pour l'âge et le sexe). Ils arrivent à la conclusion qu'un moindre taux de prescription d'antibiotiques en pratique ambulatoire n'est pas associé à une fréquence plus grande d'admissions hospitalières pour infections respiratoires. Par contre, il existe une corrélation significative entre ce taux d'admissions et une prescription plus importante d'antibiotiques. Il faut bien sûr analyser cette dernière relation avec beaucoup de prudence: variations socio-économiques possibles, facteurs d'environnement ou médicaux de biais, plus ou moins grande propension du médecin généraliste à hospitalier ses patients, prescription d'un antibiotique pour une autre raison que respiratoire, etc. L'opinion de Price et coll. est cependant à remettre en cause!

Références

(1) Price D et al. Community-acquired pneumonia mortality: a potential link to antibiotic prescribing trends in general practice. Respiratory Medicine 2004;98:17-24.

(2) Dr Foster's case notes. Prescribing of antibiotics and admissions for respiratory tract infections in England. BMJ 2004;329: 879.