Nouveaux antibiotiques ....sans bénéfice clinique   LLG n° 36 décembre 2002

A grand renfort de publicité, de nouveaux antibiotiques sont proposés aux prescripteurs, avec, comme indications, des pathologies infectieuses parmi les plus courantes en pratique ambulatoire (indications ORL et respiratoires).

La MOXIFLOXACINE a déjà fait l’objet d’une Action du GRAS (n°65 Nouvelles quinolones et infections respiratoires). La revue Prescrire (1) note qu’il n’est pas démontré que la moxifloxacine soit plus efficace que les autres fluoroquinolones actuellement disponibles ou que les autres antibiotiques auxquels elle a été comparée. Par contre, elle présente les effets indésirables habituels des fluoroquinolones , avec cependant plus de risques cardiaques. Pour la Revue Prescrire, il n’y a aucune raison de prendre ce risque. Dans un article annexe (2), la place des fluoroquinolones dans les infections ORL et respiratoires en ambulatoire est analysée. Ces molécules sont rarement adaptées à la situation et ne sont pas des antibiotiques de première intention.

La TELITHROMYCINE fait aussi l’objet d’une analyse de la Revue Prescrire (3). Les conclusions sont claires :

-       il n’est pas démontré que la télithromycine ait une efficacité supérieure à celle des antibiotiques auxquels elle a été comparée (amoxicilline, clarithromycine, amoxiclavulanate, céfuroxime, pénicilline V)

-       au cours des essais cliniques, la télithromycine n’a pas été plus efficace que les antibiotiques auxquels elle a été comparée sur les infections liées à des souches de pneumocoque résistants à la pénicilline et/ou à l’érythromycine

-       des cas de résistance croisée avec l’érythromycine ont été observés

-       le profil des effets indésirables de la télithromycine est celui des autres macolides : troubles digestifs, céphalées, sensations vertigineuses, hépatotoxicité. Elle expose aussi à un risque de torsade de pointes. Elle semble provoquer plus souvent des troubles visuels.

-       La télithromycine inhibe des isoenzymes du cytochrome P450, d’où un risque élevé d’interactions.

Pour toutes ces raisons, la Revue Prescrire conclut : « Elle n’a pas sa place dans la panoplie thérapeutique actuelle ».

REFERENCES

(1)     LRP. Moxifloxacine. Un me-too avec plus de risqué cardiaque. Revue Prescrire 2002 ;22(231) :565-8.

(2)     LRP. Les fluoroquinolones à visée ORL et respiratoire en ambulatoire. Rarement adaptées à la situation. Revue Prescrire 2002 ;22(231) :608-11.

(3)     LRP. Télithromycine. S’ajoute inutilement à 8 macrolides déjà sur le marché. Revue Prescrire 2002 ;22(233) :731-4.