OPTIMISONS
Revue Prescrire 1995:15(149) :161
L'article relatif au bilan du Réseau Prescrire d'observation de la visite médicale publié dans le numéro 149 (pages 212-217) donne à réfléchir. En effet, si 74 % des généralistes citaient encore en 1992 la visite médicale comme "canal de formation continue", le nombre de médecins limitant leur réception des visiteurs médicaux semble aller en augmentant, et aurait atteint 35 % en 1993. Cet article précise aussi que les médecins qui reçoivent les visiteurs, leur consacrent environ deux heures par semaine.
Deux heures par semaine ! Huit à dix heures par mois ! Plus de cent heures par an ! Que de temps passé à absorber une information nécessairement biaisée, non comparative et la plupart du temps redondante !
Il y a tant à faire pour être performant et compétitif. Le temps de travail est si précieux, que tout doit être pris en compte. Le choix des outils de formation doit se faire avant tout en fonction de la quantité d'informations fiables et utilisables qu'ils permettent d'acquérir par unité de temps passé.
La visite des envoyés des laboratoires n'a pas une fonction de formation. C'est une arme de promotion, visant à l'orientation consciente ou inconsciente des prescriptions. La quantité d'informations fiables et utilisables que cette visite médicale délivre par unité de temps passé est pitoyable.
Il vaut mieux consacrer ces dix heures mensuelles à étudier attentivement des revues de formation professionnelle fiables et comparatives, à consulter régulièrement les dernières éditions de deux ou trois ouvrages de référence bien choisis, à entretenir des relations régulières avec de bons correspondants spécialisés, et à aller rendre visite régulièrement à des pharmaciens d'officine.
Ce faisant, on ne risque pas de "louper le progrès", et on a vraiment des chances d'optimiser son temps de formation sur les médicaments. On peut alors se hisser au niveau de performance nécessaire pour être écouté et respecté, et jouer valablement un rôle de professionnel digne de ce nom au sein du système de santé.
LA REVUE PRESCRIRE