Publicité directe sur les médicaments auprès des
consommateurs
Un
article de Barbara Mintzes (1) fait le point sur l'impact de la publicité
directe sur les médicaments auprès des patients (DTCA-direct to consumer
advertising) sur la prescription dans le bureau du médecin. Cette chercheuse en
santé publique a mené une étude rigoureuse en interrogeant d'une part les
patients dans la salle d'attente avant la consultation et ensuite le médecin
après la consultation. Le but étant de voir à quelle fréquence le médicament
est prescrit à la demande explicite du patient et quelle aurait été l'attitude
du médecin face à cette pathologie si cette demande n'avait pas été formulée.
L'étude à été menée en parallèle aux USA (où le DTCA est autorisé) et au Canada
(où il est interdit).
Cette étude montre que plus il y a de publicité sur
les médicaments, plus il y a de demande pour ces médicaments et plus il y a de
prescriptions dans les bureaux de consultations. Si le patient demande un
médicament, le médecin effectuera la prescription, et ce souvent malgré le fait
qu'il est ambivalent par rapport au choix du traitement.
Ceci parait évident mais cette étude amène des
arguments dans le débat très actuel en Europe, concernant la publicité directe
ou indirecte (déguisée en information sur les maladies, par exemple) auprès des
consommateurs.
(1)
Mintzes B, Barer
M.L.,. Kravitz R. L., Bassett K., Lexchin J., Kazanjian A., Evans R.G., Pan R.
and Marion S.A.. How does
Direct-to-consumer advertising (DTCA) affect prescribing? A survey in primary
care environments with and without legal DTCA. CMAJ (Canadian Medical
Association Journal). September 2, 2003;169,5.
www.cmaj.ca/cgi/content/full/169/5/405
Dr Monique Debauche