Publicité directe sur les médicaments auprès des consommateursLLG n°60, décembre 2008

 

Un article de Barbara Mintzes (1) fait le point sur l'impact de la publicité directe sur les médicaments auprès des patients (DTCA-direct to consumer advertising) sur la prescription dans le bureau du médecin. Cette chercheuse en santé publique a mené une étude rigoureuse en interrogeant d'une part les patients dans la salle d'attente avant la consultation et ensuite le médecin après la consultation. Le but étant de voir à quelle fréquence le médicament est prescrit à la demande explicite du patient et quelle aurait été l'attitude du médecin face à cette pathologie si cette demande n'avait pas été formulée. L'étude à été menée en parallèle aux USA (où le DTCA est autorisé) et au Canada (où il est interdit).

Cette étude montre que plus il y a de publicité sur les médicaments, plus il y a de demande pour ces médicaments et plus il y a de prescriptions dans les bureaux de consultations. Si le patient demande un médicament, le médecin effectuera la prescription, et ce souvent malgré le fait qu'il est ambivalent par rapport au choix du traitement.

Ceci parait évident mais cette étude amène des arguments dans le débat très actuel en Europe, concernant la publicité directe ou indirecte (déguisée en information sur les maladies, par exemple) auprès des consommateurs.

 

(1)    Mintzes B, Barer M.L.,. Kravitz R. L., Bassett K., Lexchin J., Kazanjian A., Evans R.G., Pan R. and Marion S.A.. How does Direct-to-consumer advertising (DTCA) affect prescribing? A survey in primary care environments with and without legal DTCA. CMAJ (Canadian Medical Association Journal). September 2, 2003;169,5. www.cmaj.ca/cgi/content/full/169/5/405

Dr Monique Debauche