FRANCE :

 

Publicité grand public pour les médicaments : chaque jour un peu plus … LLG 62, juin 2009

 

 

Dans un communiqué de presse du 15 janvier 2009, le Collectif Europe et Médicament déplore que les firmes pharmaceutiques aient récemment obtenu en France un nouveau droit de faire de la publicité auprès du grand public. En effet, le décret du 19 décembre 2008 « modifiant le régime applicable à la publicité télévisée, au parrainage télévisé et au télé-achat » autorise désormais le “parrainage” (alias sponsoring) d’émissions de télévision par les firmes pharmaceutiques (1).

 

Ainsi, pas à pas, les firmes pharmaceutiques diversifient leurs moyens de communiquer auprès du grand public sur les médicaments.

 

Communication directe auprès du public : la clé du marché mondial. Au niveau européen, les firmes n’ont eu de cesse au cours des dernières années de pousser la Commission européenne à autoriser la publicité grand public pour les médicaments de prescription, actuellement autorisée dans 2 pays seulement (États-Unis et Nouvelle-Zélande) (2). La Commission a ainsi proposé le 10 décembre 2008 d’élargir le droit des firmes à communiquer auprès du grand public sur leurs médicaments de prescription, via leurs sites internet et des publications écrites (3,4).

 

Cette volonté des firmes de communiquer auprès du grand public s’inscrit dans une stratégie marketing à long terme au niveau mondial, à l’heure où les professionnels de santé deviennent plus critiques sur les informations des firmes, et où les organismes d’évaluation pharmaco-économique des médicaments deviennent plus exigeants (5,6).

 

Une enquête de la Commission européenne a récemment montré que le marketing est aujourd’hui le domaine d'investissement principal des firmes pharmaceutiques (23 % de leurs dépenses), devant la recherche (17 % de leurs dépenses) (7).

 

Certaines firmes pharmaceutiques nouent d’ailleurs déjà aujourd’hui des partenariats avec des universités pour « créer des métiers en lien avec l’hygiène et l’éducation thérapeutique » (11). Elles envisagent ces métiers “d’éducateurs thérapeutiques” comme moyens de reconversion de certains de leurs visiteurs médicaux (11).

 

Le plus grand service que les firmes pharmaceutiques peuvent rendre à la société est d'investir davantage dans la recherche, pas dans le marketing et "l'éducation des patients".

 

 

Références :

http://www.prescrire.org/docus/MiEF_ParrainageTV_CdP20090115.pdf

 

 

LES ACTIONS DU GRAS SUR CE THEME :

ACTION n° 112: DANGER DE CERTAINS ASPECTS DES PLANS DE GESTION DES RISQUES DE L’EMEA (5.2008): Des plans de gestion des risques sont imposés aux firmes pharmaceutiques par l'EMEA (Agence Européenne du Médicament) ces dernières années en contrepartie de l’acceptation (par l’EMEA) d’une accélération de l’enregistrement de nouveaux médicaments et donc de leur mise sur le marché. Ces plans peuvent également comporter du matériel éducatif pour les patients. Plutôt que de donner aux firmes encore plus de latitude dans leur communication avec les patients et les consommateurs en général, mieux vaut veiller à ce que ces firmes divulguent toutes les données pertinentes sur leurs médicaments. Revendication politique  LLG n°58, juin 2008

ACTION n° 97 : INFORMATION DES PATIENTS : quand les firmes tentent de s’en emparer… (11.2006) : déclaration commune d’organisations européennes transmise par le GRAS au ministre fédéral de la santé Suite, mars 2007Prescrire n° 283, mai 2007  -   Test Santé  -   Projet TV LLG 56  -  LLG 59, septembre 2008   - LLG 60, décembre 2008

ACTION n° 91: Associations de patients et sponsoring de firmes pharmaceutiques: attention aux liaisons dangereuses ! (LLG 49) (12/2005) Voir LLG n° 54, 6/2007  LLG n°56, 12/2007