ECHOS DU FRONT …DE LA PUBLIVIGILANCE :

 

 N°69 : PROTOPIC° (12.2002): publicité médiatique indirecte pour un médicament sur prescription (suite)

CONTROVERSES SUR L’INOCUITE DU PROTOPIC :

Y-a-t-il un risque de cancérisation avec la pommade au tacrolimus promotionnée dans le traitement de la dermatite atopique ? A partir des risques de cancérisation attribués à cet immunosuppresseur utilisé après une greffe d’organe et des résultats de l’expérimentation animale restés secrets à la FDA, le rédacteur de “The Informed Prescriber” attire l’attention sur ce danger et réclame des études complémentaires.

 

N° 64 : INDIGENCE DE LA MATERIOVIGILANCE BELGE - 5.2002 : rupture de têtes de prothèses de hanche en céramique : pas d’information officielle auprès des médecins depuis le 23.07.2001. cfr. LLG n°36

La Direction de l’Art de Guérir , via son site www.health.fgov.be (rubrique « medical devices »), signale que l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a étendu sa décision de suspension de l’utilisation de têtes de prothèse de hanche en céramique de zircone Prozir à 10 fabricants supplémentaires.

A retenir : le site anglais de matériovigilance : www.medical-devices.gov.uk

 

N° 67 : RUPTURES DE STOCKS (9.2002): Politique délibérée de marketing contraire aux règles en usage cfr. LLG N°36

LE CAS RECENT DE LA FURADANTINE® : comme les cétacés, elle refait surface régulièrement pour disparaître compliquant la tâche du prescripteur et du pharmacien ; la prescription doit souvent se reporter sur des produits plus chers (quinolones) ou moins bien adaptés. Le GRAS a déjà plusieurs fois réclamé des mesures contraignantes telles une astreinte pour rupture de stock ou arrêt de commercialisation.

LES GENERIQUES : Certaines marques, souvent parmi les moins chères, ne sont pas disponibles  chez certains grossistes. Cela oblige le pharmacien à proposer d’autres génériques mais ces changements fréquents de présentation  n’améliorent pas la compliance des patients qui ne s’y retrouvent pas toujours dans ces emballages qui changent souvent d’aspect et de nom, ce qui peut induire des erreurs posologiques. Leur confiance dans ce médicament peut s’en trouver altérée sans parler de la perte de l’effet placebo de ce médicament interchangeable. Alors sabotage organisé au profit  des médicaments de marque, déficiences des producteurs de génériques ou simples ruptures de stock dans un marché pléthorique et mal géré ?

 

N° 71 : EXPERIMENTATIONS SUR L’HOMME EN BELGIQUE (2.2003) : carences éthiques et juridiques

Suite à notre dossier paru dans La Lettre du GRAS n° 39 de septembre 2003 sur l’Ethique des essais cliniques, nous avons interrogé le Comité National de Bioéthique qui nous a annoncé la publication prochaine de son rapport relatif aux Comités d’Ethique locaux. La suite de son avis n°13 (1) relatif aux expérimentations sur l’homme n’est pas attendue avant plusieurs mois…

 

(1) disponible sur  www.health.fgov.be/bioeth/fr/index-fr.htm

 

N° 72 : SYMBICORT® : (9.2003) : publicité médiatique illégale

 

Voici la copie que le GRAS a adressée à l’Inspection de la Pharmacie et au

 Service de contrôle de l’INAMI

                              Madame, Monsieur,

                                     Notre association regroupe des médecins et pharmaciens soucieux de promouvoir un bon usage du médicament. A ce titre, nous sommes préoccupés par l’article ci-joint paru dans les journaux du groupe Sudpresse du 30 septembre 2003 et intitulé « L’arme absolue contre l’asthme » . Sur base d’une étude présentée à un congrès, la journaliste présente le Symbicort® comme le médicament miracle « dont on peut augmenter les doses sans effets secondaires plus marqués ». Elle compare sommairement le Symbicort® à son concurrent, le Seretide®, pour le disqualifier et propose le Symbicort® dans un usage à la demande, ce qui constitue une indication non encore démontrée et qui ne fait pas l’objet d’un consensus parmi les médecins.

           Cet article nous apparaît comme une  publicité déguisée en infraction avec la loi car elle mentionne des indications non reprises dans la notice scientifique et parce qu’elle est destinée au grand public alors qu’elle concerne un médicament disponible sur prescription médicale.

           De plus, cette pratique est en contradiction avec les règles de l’INAMI parce qu’elle promeut un médicament en mentionnant son remboursement (sans préciser par ailleurs qu’il est soumis à certaines conditions) et pour une indication à la demande qui risque d’amener à dépasser la quantité de 13 dispositifs remboursés annuellement « chez les asthmatiques non contrôlés par des corticoïdes inhalés à faibles doses ».

          Nous souhaiterions connaître votre avis quant à cet article et les mesures envisagées pour faire face à ce phénomène croissant de publicité médiatique pour des médicaments disponibles sur prescription médicale et que notre association a déjà plusieurs fois dénoncé auprès de vos services. Le bon usage du médicament en Belgique pourrait s’en ressentir.

           

 

INTERET DES INDICATIONS NAIVES :

 

Pourquoi les firmes pharmaceutiques privilégient-elles l’évaluation de leurs produits dans de nouvelles indications légèrement différentes de celles déjà reconnues pour des molécules de la même famille ? Bien sûr il  y a la possibilité de créer un nouveau créneau promotionnel permettant d’affirmer la place d’un nouveau venu au sein d’une famille parfois déjà nombreuse. Mais un autre avantage, c’est que la première étude dans cette « nouvelle » indication peut plus facilement se faire contre placebo ou contre un ancien traitement. La différence d’efficacité attendue étant plus importante, il sera dès lors plus facile et moins cher de mettre en évidence une différence statistiquement significative que si la comparaison se faisait avec une molécule voisine récente.

Le premier médicament reconnu efficace dans une indication n’est pas nécessairement le meilleur mais peut le rester si aucun autre concurrent n’ose se comparer à lui.

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ECHOS DU RESEAU DE SURVEILLANCE DE LA VISITE MEDICALE :

 

CORTICOIDES INHALES : DOUCEMENT LES DOSES !

Suite au retrait de son Becotide® (Beclometasone) à partir du 1.11.03, GSK propose de passer au Flixotide® (Fluticasone) sans préciser que cette molécule est deux fois plus puissante et qu’il convient donc de diminuer de moitié les doses. La déléguée présente par ailleurs le Seretide® (combinaison fixe de salmétérol et de fluticasone) à la dose « idéale » de 2 X 50 μg de salmétérol / j ;

l’utilisation du Seretide Diskus 50/500 ® 2X/j revient à administrer une dose quotidienne de 1000 μg ce qui, pour le consensus GINA 2002, doit rester l’apanage de l’asthme sévère et persistant (stade IV).

Par ailleurs, Astra pousse son Symbicort® (association de budésonide et de formotérol) vers un usage à la demande arguant du fait que le formotérol agit vite et que les malades peu compliants prennent ainsi leur corticoïde qu’ils oublieraient autrement. L’intérêt de cette pratique reste non démontrée à ce jour et en infraction avec la loi (la promotion doit respecter les indications de la notice scientifique enrégistrée mais celle-ci n’est pas claire sur ce point). La règlementation INAMI prévoit le remboursement de 13 conditionnements par an de Symbicort® « chez les asthmatiques non contrôlés par des corticoïdes inhalés à faibles doses ». L’interprêtation stricte de ce critère supprimerait le remboursement de cette spécialité chez les BPCO purs (Δ VEMS < 15%) de même que pour le Seretide remboursé en cas de « forme asthmatique chronique de bronchopathie ». La  notice scientifique du Seretide® AD ne mentionne pas la BPCO dans ses indications et celle du Flixotide® AD et du Pulmicort® précise « traitement symptômatique de la BPCO lorsqu’on a constaté un effet bénéfique au niveau de la fonction pulmonaire, des exacerbations ou de l’état de santé pendant les six premiers mois du traitement ».