PUISSANCE DU MEDICAMENT

IMPUISSANCE DE REFLEXION DU PRESCRIPTEUR

Dans "le Généraliste" du 22/7/99, en page 7, nous avons lu l'article "Viagra ® : case report" du Dr P. Boca, urologue CHR La Citadelle, Liège. Le Confrère rapporte le cas d'un homme de 56 ans, ayant fait un infarctus à l'âge de 35 ans et 2 interventions successives  de pontages coronariens, et qui présentait une dysérection. La prescription de Viagra ® 100 mgr a modifié sa vie sexuelle, sa vie sociale, lui a permis de maigrir et d'arrêter son traitement antihypertenseur. "Depuis, il a encouragé plusieurs des membres de son groupe de revalidation à consulter leur urologue ou leur médecin généraliste".

La FDA avait enregistré, en août 1998, 123 décès en relation avec le sildénafil (GEBU 32, 11, 129, 1998). Il s'agissait, en majorité, d'hommes de 60 ans et plus, et qui présentaient un diabète, une insuffisance coronaire, des troubles du rythme cardiaque ou de l'hypertension artérielle. Seules 12 des personnes décédées avaient employé des dérivés nitrés.

Quelle signification peut avoir un "case report" d'une personne qui a échappé aux effets secondaires (la mort!) d'un médicament alors qu'elle était particulièrement à risque?

Il faudrait publier des "cases reports" de personnes qui ne sont pas devenues sourdes en prenant de la streptomycine, ni aplasiques médullaires en prenant du chloramphénicol, ni agranulocytaire en prenant de la ticlopidine, ni le "bandard fou" (de Moebius) en prenant de la trazodone, etc… Qu'un patient ait échappé aux effets secondaires d'un médicament, statistiquement, majore le risque pour les autres!

Ce genre de "publicité rédactionnelle" ne prouve que l'impuissance de réflexion scientifique de ceux qui les sollicitent ou les écrivent.