Forum Santé-SolidaritéLLG n°60, décembre 2008

 

Le GRAS a participé au Forum organisé par la Plate-forme d'action Santé-Solidarité les 17 et 18 octobre sur le site de l’UCL à Woluwé. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du 30ème anniversaire de la Déclaration d'Alma Ata. Cette plate-forme était soutenue par de très nombreuses organisations, entre autres plusieurs syndicats ouvriers ou employés, différentes mutuelles, la Fédération des Maisons Médicales, Oxfam, le CRIOC, Médecine pour le Peuple, la Ligue des Usagers des Services de Santé (LUSS), etc…

De nombreuses pistes de réflexion avaient été lancées par les organisateurs : la santé est un droit pour tous ; les services de santé ont une vocation sociale et doivent rester hors de toute logique de marché ; les médicaments doivent être moins chers ; les soins doivent être de qualité, en commençant par les soins primaires, et pour cela il faut un financement adéquat, un personnel soignant de qualité et en nombre suffisant, ce qui  implique des salaires corrects et des conditions de travail décentes et enfin les relations Nord/Sud en matière de santé.

Le GRAS a tenu un stand lors de la journée du 18 octobre, stand visité avec intérêt par plusieurs participants aux rencontres. Il a également activement préparé et participé à un débat sur la Politique des médicaments avec des représentants des Mutuelles et de Médecine pour le Peuple. L’assistance à défaut d’être fort nombreuse pour ce débat (contrairement à d’autres débats fort fréquentés) a participé activement à la discussion. A cette occasion le GRAS a pu vérifier que ses revendications et actions étaient originales en Belgique, avec une perspective à sauvegarder selon les dires de plusieurs des personnes rencontrées. Un appel donc à poursuivre nos actions, et à recruter de nouveaux membres pour poursuivre dans la même ligne.

 

Quelques présentations qui ont frappé l’un ou l’autre membre du GRAS : un film de la télévision suisse sur la problématique du médicament, les dias des Drs Chevalier et Sumkay sur le coût des médicaments-en prescrivant des génériques les médecins pourraient engendrer des bénéfices qui seraient très utilement investis dans des produits nouveaux ou coûteux -  et la politique de l’industrie pharmaceutique, maintenant bien connue, de lancer une soi-disant nouvelle molécule lorsque le brevet de la 1ère arrive à échéance et qu’elle va pouvoir être génériquée. Ci-dessous, ascension puis descente du citalopram (bleu) quand les génériques apparaissent (rouge), mais « Zorro est arrivé … » et l’escitalopram¹ (jaune ) prend le relais et c’est reparti : l’escitalopram monte en flèche et les génériques stagnent ! Bingo !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une remarque de Jean Hallet, ancien directeur des MC qui s’étonnait que les ordres médicaux ne réagissent pas face à cette « corruption » du corps médical par l’industrie pharmaceutique et aussi, la proposition d'un label de qualité à décerner aux formations continues qui mentionnent les conflits d'intérêt de leurs intervenants, le niveau de preuve de leurs assertions et qui emploient les outils de l'EBM (NNT, intervalle de confiance, méta
analyses,...)
etc…

On avait parfois l’impression que la majorité des participants étaient déjà des convaincus ; espérons que d’autres reçoivent aussi ces messages et prennent conscience de réagir.

 

A suivre sur le site de la Plate-forme Santé-Solidarité : http://www.sante-solidarite.be

 

L’équipe du GRAS

 

¹ Escitalopram : « Un isomère du citalopram sans aucun avantage thérapeutique », La Revue Prescrire  Mai 2004/Tome 24 – n° 250 page 325