GRAS toujours : Flashs sur les statines

Associations dangereuses

L'American Journal of Cardiology (28th june 2004) signale les dangers possibles de l'association de la glitazone avec les statines, effets indésirables parfois sévères, souvent musculaires, plus rarement hépatiques. Dans la moitié des cas signalés à la pharmacovigilance (USA) une hospitalisation ou un décès est observé. Ce risque est trois fois plus important avec l'atorvastatine qu'avec la simvastatine. (www.ukmicentral.nhs.uk 29/06/04)

La BBC (UK) signale qu'un expert de l'association des consommateurs Public Citizen (USA), le Dr Sidney Wolfe, demande le retrait du marché de la rosuvastatine (Crestor®) pour effets indésirables plus fréquents qu'avec les autres statines. La firme Astra Zeneca a informé les médecins américains de "réserver les hautes doses de cette molécule aux patients présentant les risques cardiovasculaires les plus élevés pour des raisons de sécurité". Le Dr Wolfe signale qu'une dose de 10 mg de rosuvastatine peut également comporter un risque élevé. Aux USA 20 cas de rhabdomyolyse et d'insuffisance rénale ont été rapportés chez des personnes traitées avec des doses de 10 mg de ce médicament. (www.druginfozone.nhs.uk 28/06/04).

Au Royaume Uni, depuis ce début juillet, la simvastatine 10 mg est en vente libre, suite à une décision favorable du Committee on Safety of Medicines (CSM) qui a largement consulté les experts. Un éditorial du Lancet (Lancet 2004;363:1659) s'inquiète de cette mesure libératoire. Il souligne, entre autre, l'absence d'étude sur les effets d'une vente libre de statines, non dénuées d'effets secondaires, l'absence de preuve d'une réduction de la mortalité en prévention primaire par les statines et surtout l'absence de surveillance d'un tel traitement. Il attire également l'attention sur l'incertitude de l'effet d'une telle prise de médicament sur les modifications de style de vie indispensables pour diminuer un risque cardiovasculaire: va-t-elle inciter les personnes qui vont en consommer à être plus stricts pour ces mesures ou au contraire les rassurer faussement et les dissuader de les appliquer? Le BMJ (BMJ 2004;328:1221) soulève des objections semblables pour une classe de médicaments qui entraîne un coût d'1 milliard € par an au Royaume Uni dont un quart pour la simvastatine. Le brevet du Zocor ® expire cette année. Certains (Consumer's Association UK) y voient une relation de cause à effets…