Médicaments du syndrome du trouble déficit de l’attention et
hyperactivité (TDAH) : remède ou poison ?
Geneviève Durrieu
www.bip31.fr/bip/BIP31.fr%202009,%2016,%20(1),%201-9.pdf
Ces médicaments psychostimulants appartiennent à la classe pharmacologique des amphétamines. En France, seul le méthylphénidate (Ritaline°, Concerta°) est commercialisé. En février 2006, la FDA a publié une mise en garde sur les risques d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral ou de mort subite chez des patients (adultes et enfants) traités par ces psychostimulants (N Engl J Med, 2006,354, 1445) : il s’agit d’effets indésirables attendus pour une substance qui majore la libération de noradrénaline (et autres monoamines) des terminaisons nerveuses périphériques et centrales! En janvier 2009, la FDA a rédigé un autre rapport sur les effets indésirables psychiatriques associés aux médicaments du TDAH chez l’enfant (Pediatrics, 2009, 123,611). Une analyse des données issues des essais cliniques et de la notification spontanée a montré un risque plus élevé de psychoses et manies sous médicaments du TDAH. Il s’agit, là aussi, d’effets indésirables connus des amphétamines. Ces psychoses, particulièrement les hallucinations (visuelles et tactiles), surviennent parfois chez des patients sans facteur de risque identifiable. Dans sa publication du 23 janvier 2009, l’EMEA a évoqué aussi un éventuel effet du méthylphénidate sur la croissance et la maturation sexuelle. Face à ces risques d’effets indésirables, à la méconnaissance des conséquences à long terme de l’utilisation des dérivés amphétaminiques, à la complexité de la définition du syndrome TDAH, la prescription des médicaments du TDAH ne doit pas être banalisée !
ACTION GRAS N° 98 : PRESCRIPTION DE PSYCHOTROPES (Neuroleptiques, amphétamines) CHEZ LES ENFANTS : Normaliser des comportements au lieu de traiter les problèmes psychosociaux sous jacents ? (Mars 2006).