COMMENT VENDRE PLUS DE MEDICAMENTS OU DE VACCINS ? LLG 44, décembre 2004 Télécharger
1) En augmentant le nombre de malades à traiter
à en élargissant les seuils de prise en charge p.ex. lors de la tentative d'Astra de modifier le consensus HTA de l'OMS (1) ou en adoptant des échelles de calcul de risque cardiovasculaire plus favorables ( L'européenne plutôt que la néozélandaise (2)),…
à en dépistant des malades asymptômatiques par des campagnes d'information grand public dont le message se termine par la petite phrase "parlez-en à votre médecin ( p.ex. dans le refux gastro-oesophagien ou dans les onychomycoses ( alors q' un ongle jaune n'est pas systématiquement une mycose et que ces traitements antifongiques per os ne sont pas anodins ( risque d'hépatite))
à en médicalisant le mal-être: p.ex. en proposant de traiter le syndrôme prémenstruel par un antidépresseur ou les enfants turbulents par du Risperdal®…
2) En dramatisant les risques d'une maladie: p.ex. la varicelle ou l'hépatite A. Au niveau mondial, la tendance des financeurs privés (Fond Global) et publics (Unicef,OMS) est d'élargir la couverture vaccinale à d'autres maladies plutôt que de chercher à administrer les vaccins de base au dernier carré d'enfants non-vaccinés.
3) En sensibilisant le public et les médecins à une maladie peu avant la sortie d'un "nouveau" médicament présenté comme LA solution même si son ASMR (Amélioration du Service Médical Rendu) est faible. Ca a été le cas pour le Serevent® dans l'asthme ou les COXibs dans l'arthose…
(1) Chevalier P. Very HOT La Lettre du GRAS 1999;22:1 et 5
(2) Chevalier P. Evaluation du risque cardiovasculaire: tour d'horizon des différentes tables de risque Minerva 2004;3:54-58